Mardi 24 janvier 2012 2 24 /01 /Jan /2012 10:30

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L'imperfection est partout : c'est une source inaltérable pour la création, la fiction.

La preuve en est encore donnée par l'excellent roman d'Henning Mankell : Les chaussures italiennes.

Prenez Fredrik Welin, un « misanthrope » de 66 ans, vivant reclus sur un îlot de la Baltique, avec pour seule compagnie un chat, un chien, et pour unique visiteur, un facteur hypocondriaque qui l'insupporte. Le portrait est peu amène et l'on peut craindre le pire lorsqu'on connaît la noirceur à laquelle nous confronte régulièrement Henning Mankell, ce maître incontesté du roman policier. Mais ici point de crime, de tueur, d'enquêteur..., l'auteur a laissé de côté le polar pour lancer son personnage dans un long voyage introspectif et initiatique.

Les chaussures italiennes, c'est en effet le roman du re-commencement : celui d'un homme qui a souvent fui, qui a fait en sorte que ses désirs, ses peurs, ses sentiments, se figent quotidiennement dans un bain d'eau glacée, et qui dans le dernier tiers de son existence, ne peut plus échapper aux traces (heureuses et malheureuses) qu'il a lâchement abandonnées derrière lui. Il est rattrapé par une femme, Harriet, son amour de jeunesse. Et comme un bouleversement n'arrive jamais seul, d'autres personnages féminins prennent le relais de celle-ci pour ramener cet homme - aussi communément imparfait - du côté des vivants.

Voici pour l'entrée en matière :

«Je me sens toujours plus seul quand il fait froid.

Le froid de l'autre côté de la vitre me rappelle celui qui émane de mon propre corps. Je suis assailli des deux côtés. Mais je lutte, contre le froid et contre la solitude. C'est pourquoi je creuse un trou dans la glace chaque matin. Si quelqu'un, posté sur les eaux gelées avec des jumelles, me voyait faire, il me prendrait pour un fou. Il croirait que je prépare ma mort. Un homme nu dans le froid glacial, une hache à la main, en train de creuser un trou?! »

Par Maude - Publié dans : Littérature - Communauté : Interlignes
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Mardi 24 janvier 2012 2 24 /01 /Jan /2012 10:17
Par Maude - Publié dans : Littérature - Communauté : Au fil des mots
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Lundi 12 septembre 2011 1 12 /09 /Sep /2011 15:25

         L’Amérique a peur. Depuis ce mardi noir daté du 11 septembre 2001, où les Etats-Unis d’Amérique ont cessé de se sentir invulnérables, la peur s’est infiltrée dans toutes les sphères de la société. Pour cette nation construite sur le socle de la confiance en soi et en sa patrie, le coup porté par les attentats du World Trade Center a créé une onde de choc dont on ne cesse de mesurer la portée.

         Le 37ème Festival du Film Américain de Deauville s’est clos quelques heures à peine avant le début des commémorations du 11 septembre sur le site de Ground zero, et on ne s’étonnera donc pas du choix du jury de couronner du Grand Prix le film du réalisateur Jeff Nichols, intitulé Take Shelter.

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         Au sortir de la projection du film, un chef gaulois bien connu de tous, se serait sans doute exclamé « Par Toutatis, le ciel va nous tomber sur la tête ! » tant le souffle de la peur et le spectre de la fin du monde planent sur cette histoire de délire psychotique.

         Jeff Nichols y dresse le portrait de Curtis Laforche (brillamment interprété par Michael Shannon) : bon père de famille, époux attentif (d’une femme « parfaite » jouée par la formidable Jessica Chastain), travailleur fiable et compétent. Du jour au lendemain, ce parfait citoyen américain de la classe moyenne (honorablement endetté !) se met à faire des cauchemars terrifiants qui lui font peu à peu perdre pied avec la réalité. La seule échappatoire qu’il trouve à sa folie naissante est la construction d’un abri anti-tempête ; mais ce puits sans fond qu’il creuse pour calmer son angoisse de voir ceux qu’il chérit emportés par une mort certaine, le conduit inexorablement à une chute sociale.

         Après la Palme d’or attribuée au dernier festival de Cannes à the Tree of Life, on pourra reconnaître en Jeff Nichols, un fils spirituel de Terence Malick, avec ce thriller existentiel, qui décline les angoisses humaines quotidiennement alimentées par les chaînes de télévision. On peut regretter cependant que l’ultime partie du film (un peu long d’ailleurs) se détourne à la fois de cette ambition critique des sociétés occidentales et de la lecture psychique du personnage, pour en faire une sorte de héros visionnaire, injustement incompris. Car derrière ce choix cinématographique se profilent tous les chantres de l’Apocalypse, plus dangereux encore que les dangers supposés ! On admettra a contrario que ce choix représente justement une formulation fictive de l’angoisse collective de tout un peuple.

         Attentats, catastrophes naturelles, crise économique, paupérisation…Ces menaces pèsent désormais sur la première puissance mondiale, et son cinéma –indépendant- en donne un juste reflet.

         De crise, d’appauvrissement, de déclassement, le film The Dynamiter, Prix du Jury, en parle avec une belle sensibilité de cinéaste. A l’instar de Jeff Nichols, le réalisateur Matthew Gordon, plonge le spectateur dans l’Amérique profonde des campagnes du sud. Il l’installe dans la moiteur d’une terre marécageuse où les aligators ne sont pas les seules menaces ; et il lui fait partager le temps d’un été, la vie - les déboires et les rebonds - d’un jeune homme de 14 ans qui réclame juste le droit d’écrire sa propre histoire.

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         Robbie Hendrick lutte en effet, avec ses armes, pour échapper à la fatalité du malheur qui semble frapper sa famille. Il se bat pour sa grand-mère, pour son petit frère, pour se sauver lui-même, de la misère et de ses avatars : la délinquance et la violence. Matthew Gordon signe avec ce premier opus, un très beau film d’auteur qui parvient avec subtilité à murmurer à chacun, que rien n’est impossible, malgré la peur.

Par Maude - Publié dans : Cinéma - Communauté : Interlignes
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Mardi 31 mai 2011 2 31 /05 /Mai /2011 11:34

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    Le 11 mai dernier, un jeune réalisateur new yorkais de 76 ans sort un film sympathique (bien qu’un peu ennuyeux tout de même…) sur les fantasmes d’un « Parisphile » d’une autre époque.

         Avec Owen Wilson pour alter ego, Woody Allen rejoue un Américain à Paris mais avec le prisme du lecteur fasciné par la capitale des années 30, cette ville exotique qui fut le terrain de jeu et de plaisir d’Hemingway, de Scott et Zelda Fitzgerald, de Picasso, Modigliani, Buñuel…

         Dans Minuit à Paris, le réalisateur s’amuse à confronter les représentations des uns et des autres, les « rêves » et les « tableaux » parisiens qui habitent l’imaginaire de chacun. La question au centre est « Qui vais-je ou puis-je aimer ? » mais cette question prend le tour particulier de « Quel Paris aimes-tu ? ».

         La logique de Woody rime avec charme et légèreté mais aussi cynisme et impossibilité. L’impossibilité d’un vrai partage d’affinités… Ainsi, qu’est ce que l’âge d’or parisien ? Les années folles ? Le début de siècle ? Mai 68 ? Mai 80 ? Difficile de trancher. Dans le film, comme dans la vie, chaque personnage vit dans (et de) la création singulière de son Paris et cet amour là, reste bien peu facile à partager, autrement en tous cas, qu’avec nous, ses indéfectibles spectateurs.

 

 

         Le 15 mai dernier, un jeune futur candidat à l’élection présidentielle de 2012 (62 ans est un âge honorable pour la fonction) est arrêté à l’aéroport JFK de NY. Il est accusé de crime sexuel par une femme de chambre de l’hôtel Sofitel de New York.

         Avec Dominique Strauss Kahn dans le rôle principal, le procureur de New York tourne un Français à NY et sans revisiter la Carte du Tendre, met en route la redoutable machine judiciaire américaine.

         Les médias s’en donnent à cœur joie. Aux Etats-Unis, on se rengorge : un pays capable de faire valoir les droits d’une femme de ménage, modeste et noire, face à un homme blanc, puissant et riche, c’est effectivement un grand pays.

         En France, on s’offusque et les dérapages misogynes s’accumulent. Autre continent, autres mœurs, en effet ! Pour les femmes d’ici, les réactions masculines ne sont pas une surprise mais cette fois, peut-être qu’enfin la coupe est suffisamment pleine pour que les langues se délient.

          Quelles que soient la vérité et/ou l’issue de cette affaire, elle aura été le signe que –comme les fantasmes - le degré d’égalité et de moralité-  est un indice planétaire bien difficile à partager !

 

         Ainsi, avec cet « envers » new-yorkais, la bande-annonce de Minuit à Paris a pris soudainement d’autres couleurs… Je m’étonne qu’aucune parodie n’en ait encore été réalisée… because… NY, after midday is not magic…

 


Par Maude - Publié dans : Cinéma - Communauté : Interlignes
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Lundi 30 mai 2011 1 30 /05 /Mai /2011 14:31

De diabolo menthe en vodka fraise, des délices trés "fille" pour l'émoi d'été!

Par Maude - Publié dans : Confiture - Communauté : Interlignes
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  • : Si vous n'avez jamais lu la rubrique hebdo d'un célèbre magazine féminin intitulée "Une journée avec", vous aurez peut-être du mal avec le concept hybride de femme (im)parfaite. Cette rubrique nous vend des femmes imperfectibles : elles travaillent, s'occupent de leurs enfants, chaussent des Jimmy Choo, ont une conscience politique, étudient les suites de Bach, consomment bio... Et si nous revendiquions le droit de chacune à l'(im)perfection et surtout à infiniment plus de complexité (féminine)!
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