Samedi 20 juin 2009


J’ai longtemps rêvé  à la surface des rues

Ignorant les grues happées par le ciel.

 

J’ai trouvé tant de lignes dans les mains du bitume

Interrogé les taches blanches de vieux chewing-gums

Tant mâchonnés

Posés mes pieds dans des carrés de goudron rapiécés

Accompagné les courbes bossues,

Epousé le contour des dos d’âne

De ma plante voutée,

Joué avec les coulures de peinture oubliée.

 

Longtemps j’ai marché sur mes mots alignés

Mes idées absorbées

Par des pièces d’égout.

J’ai déformé mes chaussures

A penser la vie à l’envers des nuages ;

Puis j’ai chassé les bouches d’acier

D’un revers de ma pointe

Et j’ai relevé la tête,

Décillé mes yeux,

Gonflé ma poitrine

Pour regarder plus loin.

Par Maude - Publié dans : Littérature - Communauté : Interlignes
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Mercredi 3 juin 2009


Mon fils des brumes sort de la trouée des songes

Il a laissé ses assaillants s’épuiser en poursuites incessantes

Il glisse du lit et avance sa silhouette ébouriffée

Son mignon minois de chaton élancé.

 

Il a abandonné sa cuirasse au marchand de rêves

Mais il pleure la perte d’une princesse à sauver

Sans un mot, mon héros, se suspend au dessus d’un bol,

S’étonne de le trouver vide – principe de réalité –

Marmonne son souhait – je lui réclame un baiser-.

 

Puis, rassasié de lait et d’amour,

Il part à la conquête des mondes,

Prendre sa place dans  la ronde

des chevaliers de récré.

Par Maude - Publié dans : Ecriture - Communauté : Interlignes
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Vendredi 29 mai 2009



J’ai remonté la rue à dos d’âmes


Baissé les vitres fumées de ma monture


Oté les verres de mes binocles sales


Et porté mon regard dans l’échancrure


Du temps malappris.


Quel mal m’a pris ?

Par Maude - Publié dans : Ecriture - Communauté : Interlignes
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Mardi 26 mai 2009

        
Sous la douche. L’eau ruisselle sur épaules, nuque, dos. Cheveux relevés en un chignon brouillon. Elle, repliée sous la nappe d’eau. Le liquide contourne fesses, hanches et s’écoule, sous les pieds, en un glouglou singulier.

         Jet d’associations d’idées. Là un drap de bain posé hâtivement sur un radiateur froid. Laisser tomber.

         Vague reflet dans la paroi vitrée qui la sépare de l’espace sec, aride ; vannes ouvertes aux pensées projetées sur l’écran mouvant : diaporama cinéma.

         Un pied serti de rouge s’extrait des eaux. Maman rejoue à son insu une comtesse aux pieds nus. Recroquevillée sous une chemise Petit Bateau, la petite observe la scène à hauteur de genoux, admirative et émue comme au spectacle.

         Il fait bon ; ça sent bon, plus que dans toute autre pièce de la maison et maman pose son pied mouillé sur la moquette bouclée, « tête de nègre ». Appellation choquante qui ouvre à elle seule un continent.

         C’est l’été. La tête dans le sable. Pose Lolita. Sous le parasol. Celui de la grand-mère, morte bien avant sa naissance. C’est le pompon. Le parasol bleu à pompons. Celui qu’elle aime parce qu’il semble sorti d’une autre histoire que la sienne. Une Histoire du Temps Jadis, de vacances à la mer, de culottes hautes de coton blanc aperçues sur les photos aux bords dentelées – en noir et blanc – précieusement conservées dans l’album de cuir fauve.

         C’est l’été. Associations d’idées. L’été meurtrier. Adjani a le regard bleu piscine. Isabelle allume le garagiste de sa démarche chaloupée de bêcheuse piégée.

         Elle doit sorti de sa douche, arrêter l’eau.

         La reine Margot à la robe maculée entre en scène. Temps arrêté sur l’admirable actrice devenue poupée gonflée. Elle pense à ce film japonais récemment projeté : Kuki Nigyo – Air Doll – l’histoire d’une poupée gonflable qui devient peu à peu humaine…

         Isabelle manque d’air – robe corsetée - balbutie, inspire, se reprend. Intacte fragilité mégalomane. Une autre remercie avec une grâce confondante, papa-maman, son mari et ses enfants. Charlotte for ever.

         Le petit chat est mort et Anita léchouille le minet blanc qui court les rues romaines.

         La fontaine de Trevi est tellement décevante.

         Elle ferme le robinet.

         Des pensées.

 

 

Par Maude - Publié dans : (Im)perfection - Communauté : Interlignes
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Vendredi 15 mai 2009

 


Il pleut sans fin ni soif.

Il pleut et ça ne rime à rien ce puits sans fond de pluies de saison.

Elle sort nu-pieds et ventre à l’air sous le gris pull élimé. Quel bout de laine tirer de ces jours délavés ?

Que faire du dedans, du dehors ?

La pluie de mai fait frissonner toutes ses peaux découvertes. Plus de place pour les amours d’hiver. L'averse a d’autres divagations.

Un temps périt, l’autre naît.

Il faut attendre.

Accepter l’ennui.

Se laisser gagner par le froid, la fluidité, l’absence.

Etre eau. Etre ce déluge déferlant sur les murs défraîchis de la ville : rues lavées à grandes eaux, pieds trempés, têtes blotties sous parapluies bigarrés. Colonies de bêtes à bon dieu aux couleurs publicitaires, fendant vaillamment les flots menus des eaux stagnantes.

Nettoyage de printemps. La ville entière passe au lavoir du ciel et se laisse frapper par cette volonté laveuse, cette rage à faire disparaître les nappes huileuses, les ramassis nauséeux. Ciel grisé par l’envol des verts : cascades de façades à vestes de lierre, torrents orgueilleux de végétal triomphant. Le vert est partout ; envahit chaque bout de terre, squatte tout bitume à l’agonie.

Alors être eau. Passe-murailles de pluie fine. Laisser le ciel verser ses larmes de joie.

Et attendre.

Attendre les crues tempétueuses. Les orages désirés.

La pluie d’été.

 

Par Maude - Publié dans : Littérature - Communauté : Interlignes
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Présentation

  • : Femme (im)parfaite mode d'emploi
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  • : culture littérature Cinéma Société Ecriture Littérature
  • : Les trentenaires sont sous le prisme des médias ; on ne compte plus les comédies racontant les heurs et malheurs de ces vieux ados cherchant vainement leur inscription dans le monde. J'ai donc décidé d'apporter ma pierre à la construction de cet édifice vacillant : l'identité d'une trentenaire. Sans miroir déformant, j'y déposerai des reflets de mon MOI (im)parfait, j'y livrerai quelques conseils pour une vie dorée, j'y ferai entendre l'écho de mon petit monde, version sucrée ou salée.
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