Lundi 3 mars 2008

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L’hiver et cet autre côté des Alpes.

 

Cet envers qui martèle le cœur.

Face ouest enneigée

Où des skis creusent le sillon

Du temps qui glisse

Et perpétue le geste.

 

L’hiver, cet autre port,

dressé

Vers l’espace clos et infini

Des monts à gravir.

 

Havre nouveau

Où la peau s’essaie à la froidure ;

Muscles raidis par l’effort,

Tendus vers les cimes,

Grisés d’embrasser le vide,

De maîtriser la chute,

D’apprivoiser ce qui s’endure.

 

Ame apaisée,

Diluée dans la mer de glace,

Lavée dans le grand blanc

Essorée dans la pente.

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Conscience effritée

pensée en vacances.

 

L’heure venue,

Atteindre l’absolu de la fatigue,

Cette faveur d’un ciel moutonneux.


Voler
Au-dessus de tout,

En équilibre fiévreux,

Loin des verts, des bruns,

De ce qui engendre, de ce qui nourrit

Mais l’infini à emporter.

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Alors rentrer.

Regagner le pré du bois,

Se murer dans les planches jointes du sapin

Doré à la bougie

D'une fin du jour.

 

Attiser la flamme à demeure

Dans le poêle du temps continu.

 

S’allonger sur un matelas de feuilles

Pour y abandonner les murmures d’un aïeul

Errants entre les pierres d’un torrent.


Puis,

S’enivrer du vin de l’ailleurs,

En abreuver ceux qu’on aime,

Jusqu’à plus soif,

Jusqu’à périr par le blanc

Dans cette vallée des larmes

Qui se voulait refuge.

 

 

 

 

 

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Lundi 18 février 2008

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Pap’lou et mam’lou se disputent

Papa crie

Maman pleure

Heurts

J’aurai ta peau

J’la vendrai au chasseur

P’tit lou a peur

Il a mal au cœur

Il pend ses pieds à son cou

Mais reste planté comme un clou

Derrière la porte

Où pleuvent les coups

Pou

Hibou caillou

Plaies saignantes aux genoux

Dir’qu’ils disaient mon p’tit chou

Mon bijou

Not’loup à nous.

par Auteur(e) publié dans : Ecriture communauté : Interlignes
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Lundi 11 février 2008

J'ai été taguée par Anaka qui m'a invitée à me soumettre au petit  jeu suivant :

-Livrez dans votre prochain article, 7 de vos secrets concernant votre vie, votre famille, votre enfance, votre animal... (liste non exhaustive).
-Recopiez la règle du jeu.
-Désignez ensuite 7 heureux gagnants, sans oublier de passer leur laisser un petit commentaire pour les prévenir que vous les avez tagués, puis invitez-les à venir consulter sur votre blog... La règle du jeu.

Cela me semble une bonne manière de m’essayer à l’impossible Best of…

 

Je vous livre donc ma playlist des 7 secrets, à écouter sur http://www.deezer.com/  par exemple…

Evidemment 7 titres pour évoquer 7 moments d’une vie, c’est offrir un programme excessivement lacunaire mais tant pis !

 

 

A comme arbre généalogique en sa branche maternelle...

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Bella ciao ( chanté par Thomas Fersen par exemple, Gratte-moi la puce…)

 


B comme au biberon donné par papa ...
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After Midnight  (J.J. Cale, Naturally)

 

C comme commerces adolescents
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Melody Nelson (Serge Gainsbourg)

 

D comme on the dance floor...

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Velouria (Pixies)

 

E comme énamourée

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Only you  (Portishead, Roseland NYC Live)

 

F comme femme devenue mère!
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Song for Jedi (Dionysos, Western sous la neige)

 

G comme the Greatest  d’aujourd’hui
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The Greatest (Cat Power)

 

L’exercice est définitivement trop frustrant !

par Auteur(e)
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Jeudi 7 février 2008

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Il n’y a pas de musique sur ce blog.

Pourtant je ne peux imaginer mon monde sans musique, sans cette pulsation primitive qui habite toutes les civilisations, sans ce jaillissement qui se nourrit de toutes les traditions et de toutes les révolutions.

Vibration aux variations infinies déclinées sur le mode vie.

Voyage au croisement de mélanges improbables.

Dialogue constant et renouvelé dans l’infini des cultures musicales.

Alors ?

Instinctive dans mes choix musicaux, je me sens trop inculte en la matière pour soliloquer sur la valeur de tel ou tel album, le talent de tel ou tel artiste. Elire ? Choisir ? Je ne peux m’y résoudre.

Cela me protège un peu des préjugés ou des réflexes élitistes. J’aime ou je n’aime pas.

Les sons traversent le quotidien et parfois un miracle se produit : ils transfigurent une parcelle de temps. Car un seul titre musical a ce pouvoir de figer un instant T dans une bulle émotionnelle indestructible. Il suffira de réentendre ce même titre – quelquefois plusieurs dizaines d’années plus tard - pour replonger dans l’émotion de ce moment et en retrouver toutes les nuances.

Merveilleuse mémoire du corps.

La musique ravive ce que le corps, la peau et l’ossature peuvent enregistrer. Elle trouve son origine dans l’expérience fœtale et reste attachée à ces premiers pas de l’expérience humaine. Il faut voir comme un tout petit sait danser ; le plaisir qu’il prend à bouger, à se balancer, à vivre corporellement la musique.

 

C’est ainsi qu’elle touche plus directement, plus largement, plus universellement que la littérature.

Il y aurait pourtant un roman à écrire.

La vie d’un homme ou d’une femme à travers –disons- cent titres musicaux.

Difficile. Quelle généalogie sans fin ! Car il faudrait aussi faire revivre la musique du père, de la mère, des ancêtres, des enfants… Pourtant, quelle richesse universelle et unique que ces vies traversées – dans tous les milieux du monde- par une voix, un rythme, des sons qui donnent sens à un état du corps, de l’âme, à un état de soi dans le monde.

Sourds collés aux trépidations de la terre mère, aveugles arrimés au clavier : autant de clichés qui rappellent combien il est nécessaire de cultiver cet art des sens.

Il faudrait bien sûr écrire un roman qui ne renierait aucun titre honteux, aucune petite aux allures mutines, aucun bellâtre aux intonations de crooner dans cette histoire d’oreilles, de corps et de cœur habités. D’Emilie Jolie à Julien Doré !

C’est sans doute déjà fait.

D’ailleurs, aujourd’hui, grâce à l’internet, la playlist est devenue une autre manière de se raconter…

Une sorte de « j’écoute donc je suis ! » à portée de tous.

A consommer sans modération !

 

 

 

par Auteur(e) publié dans : (Im)perfection communauté : Interlignes
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Mardi 5 février 2008
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     Je veux lire le dernier roman d’Annie Ernaux.

     Une « autobiographie impersonnelle » intitulée Les années.

Ne serait-ce que par attrait pour le dessein subtil revendiqué par cet auteur de « sauver quelque chose du temps où l’on ne sera plus jamais ».

Ne serait-ce encore pour  contrebalancer ma déception à la lecture d’une œuvre qui a priori poursuit le même but, celle du dernier Modiano : Dans le café de la jeunesse de la jeunesse perdue.

     Sorte de poursuite polyphonique de lieux et de personnes à jamais disparus, recherche trop empreinte à mon goût de morbidité avant même d’ailleurs que la mort n'ait eu droit de cité ; ce roman de Patrick Modiano installe indéniablement une idée de perte, d’absence, de néant mais sans suggérer son pendant nécessaire : l’impression de rencontre, de présence, de plein qui anime toute vie humaine. Ainsi, à simple titre d’exemple on croise des dizaines de noms propres tout en  sillonnant un Paris qui semble vide ! Ce n’est pas un argument littéraire mais je n’ai pas été touchée ; je suis restée dans une espèce de « zone neutre » de la lecture. Extérieure ; étrangère à l'intention de l'auteur..

      Comme Patrick Modiano, Annie Ernaux  a placé la mélancolie au cœur de son projet romanesque mais selon ses propres mots : « Ce ne sera pas un travail de remémoration tel qu’on l’entend généralement, visant à la mise en récit d’une vie, à une explication de soi. Elle (l’écrivain) ne regardera en elle-même que pour y retrouver le monde, la mémoire et l’imaginaire des jours passés du monde, saisir le changement des idées, des croyances et de la sensibilité… ». Tandis que Patrick Modiano a figuré par son style même le vide et la disparition, Annie Ernaux entend (fidèle en cela au Temps retrouvé proustien) retrouver quelque chose de ce temps « où l’on ne sera plus jamais ». C’est dans cette nuance, cette sensibilité particulière au temps et au monde, que cet écrivain trouve les mots qui me parlent.

Sensibilité…

Je ne voudrais pas réduire mon élection à cette question du sensible, encore moins bien sûr à une opposition entre une vision d’homme et une approche de femme. ( Je sens d’ici les crispations que mes propos vont susciter…)  Mais je suis bien obligée de constater que depuis une dizaine d’années les auteurs qui m’ont marquée, sont presque tous des femmes.

Je vais forcément en oublier mais Virginia Woolf a ouvert la voie à des écrivaines au style aussi différent que celui de Nancy Huston, Sylvie Germain, Annie Ernaux ou encore Joyce Carol Oates.

Je viens aussi de découvrir le magnifique travail romanesque d’Anna Enquist avec Le Retour, roman dans lequel l’auteur adopte le point de vue d’Elizabeth Cook, l'épouse du célèbre aventurier anglais.

Autant de révélations qui ont fait mon bonheur de lectrice et que je salue comme une revanche artistique des femmes après des siècles de quasi silence imposé.

Une autre manière de célébrer l’émancipation née des mots de Simone de Beauvoir : « On ne naît pas femme… »

par Auteur(e) publié dans : Littérature communauté : Biffures chroniques
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Présentation

  • : Femme (im)parfaite mode d'emploi
  • femme-im-parfaite-mode-d-emploi
  • : Ecriture Femme culture littérature Société societe
  • : Les trentenaires sont sous le prisme des médias ; on ne compte plus les comédies racontant les heurs et malheurs de ces vieux ados cherchant vainement leur inscription dans le monde. J'ai donc décidé d'apporter ma pierre à la construction de cet édifice vacillant : l'identité d'une trentenaire. Sans miroir déformant, j'y déposerai des reflets de mon MOI (im)parfait, j'y livrerai quelques conseils pour une vie dorée, j'y ferai entendre l'écho de mon petit monde, version sucrée ou salée.
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