Lundi 3 janvier 2011 1 03 /01 /Jan /2011 20:33

sara-forestier.jpg

         Je voudrais commencer cette année 2011 en partageant avec vous un coup de cœur cinématographique intitulé Le nom des gens. Le réalisateur Michel Leclerc signe avec sa compagne Bahia Kasmi un film d’une largeur de vue enthousiasmante. Le pitch est pourtant d’allure modeste : une jeune femme plutôt à l’aise avec la nudité et 100% militante de gauche s’emploie à coucher avec un maximum de mecs de droite, pour les convertir corps et âme à sa cause politique… Mais l’histoire serait trop simple si cette jeune femme, prénommée Bahia et idéalement interprétée par Sara Forestier, ne croisait entre autres : des sans-papiers, Lionel Jospin, des fantômes grecs et algériens, un cygne mort et l’amour en la personne d’Arthur Martin, finement joué par Jacques Gamblin.

         Film politique au sens noble et comique au sens plein, Le nom des gens réussit à poser avec justesse la question de l’identité : choisie, cachée,  refoulée, refusée…, tous les personnages de l’intrigue ont mal à leur identité. On en rit beaucoup. On pleure aussi avec eux. Sans doute parce qu’on leur ressemble un peu : nous sommes nombreux à être comme eux des « bâtards » de la République française, nés d’une mixité culturelle parfois difficile à réaliser, mais non moins réelle et passionnante.

         Avec ce film, on pense aussi… Que parfois on peut se faire rattraper par des frayeurs honteuses qui empêchent purement et simplement de vivre ensemble. Et cela fait du bien de s’extraire du climat nauséabond des « ensemenceurs » de la peur.

         Posons-nous la question : qu’est-ce qu’un patronyme ? Quelle adéquation existe-t-il entre le nom et l’identité d’une personne ? Le nom des gens choisit le chemin de la comédie pour explorer un sujet dont l’actualité est devenue particulièrement brûlante au cours des derniers mois. En vérité : qu’est-ce que le nom ? Parfois il révèle et parfois  il ment.

         A simple titre d’exemple : j’ai un prénom biblique qu’on croit souvent d’origine bretonne. Je précise toujours qu’il vient de l’hébreu rien que pour voir le visage de mon interlocuteur se figer : « vous êtes juive ? » Je dois presque m’en excuser : « Non, mon prénom est tiré d’une célèbre comédie musicale des années 70, jouée à Paris en pleine ère peace and love. C’est vous dire si ce n’est pas sérieux ! » Ça aussi, je le raconte toujours afin d’examiner ce mélange étrange de déception et de soulagement chez ce même interlocuteur… Je vous passe l’histoire de mon nom qui a quelque chose à voir avec les conquêtes anglo-normandes  et l’ascendance maternelle, du type macaroni-polentone !

         Cette mixture bigarrée qui façonne une identité, comme celle d’Arthur Martin, de Bahia  Benmahmoud ou d’Annette Cohen, me plaît. Car après Le nom des gens, je n’ai pas de mal à affirmer que ça ressemble à ça aujourd’hui, d’être français(e).

Par Maude - Publié dans : (Im)perfection - Communauté : Interlignes
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Lundi 3 janvier 2011 1 03 /01 /Jan /2011 20:28

 

Par Maude - Publié dans : Cinéma - Communauté : Interlignes
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 14 décembre 2010 2 14 /12 /Déc /2010 16:55

Dans mon humeur vagabonde qui traîne du côté des 90', il y a aussi :

Par Maude - Publié dans : (Im)perfection - Communauté : Interlignes
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Jeudi 9 décembre 2010 4 09 /12 /Déc /2010 09:56

Il y a des rencontres posthumes qui sonnent comme des évidences. Je dois à Not So blonde la découverte de cette version de Smells Like Teen Spirit par Patti Smith.

Une voix rocailleuse qui convoque des fantômes à l'esprit frondeur : Kurt Cobain bien sûr mais aussi, pas si loin, le poète aux semelles de vent et le plasticien Robert Mapplethorpe, dont elle raconte les débuts artistiques à New-York dans le récit initiatique Just kids paru chez Denoël en octobre dernier.

 

Par Maude - Publié dans : (Im)perfection - Communauté : Interlignes
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Jeudi 2 décembre 2010 4 02 /12 /Déc /2010 14:36

    IMGP4118.JPG

     En ces jours de grand froid, la neige étend son blanc manteau et répand l’effroi comme une traînée de poudre, en déposant quelques questions aux pieds de nos arbres à feuilles caduques : 1) Notre pays va-t-il parvenir à fournir assez d’électricité pour chauffer tout ce petit monde ? 2) Combien de morts ce front sibérien va-t-il occasionner et quelles seront les conséquences politiques de l’émoi public suscité par ces décès ? 3) La disparition de quelques sans abri peut-elle encore susciter quelque émotion chez les citoyens français ? 4) Sommes nous face à un nouvel hiver 54 ?  5) L’abbé Pierre aurait-il, par chance, une parenté avec hibernatus ? 6) Y aura-t-il de la neige à Noël ? Parce qu’à Noël, au moins, ce serait logique ? Et joli en plus. 7) Le téléthon 2010 aura- t-il lieu en dépit des intempéries ? Sinon, pourquoi Sophie Davant prendrait-elle rendez-vous chez son coloriste pour refaire ses mèches ? Soupir. Nous vivons vraiment une époque formidable.

 IMGP4123

         En ces jours de grand froid qui voient la neige étendre son blanc manteau et répandre l’effroi… Je voudrais avoir une pensée émue pour les 194 parties signataires de la Convention Climat réunis depuis ce lundi à Cancún au Mexique. C’est vrai qu’aujourd’hui, en dépit d’un ciel partiellement nuageux, à Cancún, il devrait faire entre 17° et 24°, ce qui de ma fenêtre bas-normande, n’est pas propre à tirer beaucoup de larmes. Pourtant mon cœur se serre quand je pense au travail de prise de conscience mené auprès du grand public quant à l’importance de la réduction massive des gaz à effet de serre. Tout ça pour quoi ? Rien, ou pratiquement rien sur le plan politique, le « prix du pire » revenant au président américain Obama mais les autres instances gouvernementales occidentales n’ayant pas davantage de leçons à donner. Un piteux sommet de Copenhague, une crise mondiale auront suffi à faire passer l’évolution du climat au Xème rang des préoccupations humaines. Il faut ajouter le travail de sape des climatosceptiques, qui avec le relais de médias ont encore abaissé le niveau des priorités.  Il ne manquait plus qu’une énorme vague de froid pour que la question d’un « réchauffement climatique » soit réduite à une simple blague ! Nous vivons décidément une époque formidable.

 

blizzard.jpg

         En ces jours de grand froid qui voient la neige étendre son blanc manteau et répandre l’effroi… Je repense aux épisodes de blizzard à la fin du XIXème siècle dans le Minnesota. J’avais 9 ans et je me passionnais pour les aventures d’une famille de pionniers américains. Je dévorais alors les huit tomes des aventures de Laura Ingalls Wilder et j’étais fascinée par la force, la persévérance des hommes face à des éléments naturels aussi redoutables. Les tempêtes de neige me semblaient un fléau indépassable et pourtant, le mot « blizzard » recélait un pouvoir d’évocation presque magique. J’aimais ce mot qui condense la bise venue et le bizarre des variations du ciel. A cette époque, je découvrais aussi les étendues infiniment blanches du Docteur Jivago de Boris Pasternak, avec cette image fantastique, dans le film de David Lean, d’une datcha entièrement blanchie par la glace et la neige, à l’extérieur comme à l’intérieur. Un immense linceul blanc où le héros dépose l’enfer de la guerre et son amour perdu.

eternal-sunshine.jpg

         Plus près de nous dans le temps, je pense aux deux héros de Michel Gondry, interprétés par Jim Carrey et Kate Winslet, ils suppriment volontairement des pans entiers de leur mémoire et pourtant quelque chose du mystère de leur relation subsiste, comme pris, figé dans la glace…

 

Par Maude - Publié dans : Confiture - Communauté : Interlignes
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Présentation

  • : Femme (im)parfaite mode d'emploi
  • Femme (im)parfaite mode d'emploi
  • : culture littérature Cinéma Ecriture Société Littérature
  • : Si vous n'avez jamais lu la rubrique hebdo d'un célèbre magazine féminin intitulée "Une journée avec", vous aurez peut-être du mal avec le concept hybride de femme (im)parfaite. Cette rubrique nous vend des femmes imperfectibles : elles travaillent, s'occupent de leurs enfants, chaussent des Jimmy Choo, ont une conscience politique, étudient les suites de Bach, consomment bio... Et si nous revendiquions le droit de chacune à l'(im)perfection et surtout à infiniment plus de complexité (féminine)!
  • Partager ce blog
  • Retour à la page d'accueil
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés