Vendredi 21 décembre 2007

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Quittons les tristes sires qui nous gouvernent pour regarder du côté de ceux qui nous enchantent. 
En un mot : courrez voir "La graine et le mulet", le dernier film d'Abdellatif Kechiche, en ce moment sur vos écrans!

Je n'en dirai rien si ce n'est que mon engouement est sans réserve : touchant sans mièvrerie, cultivé sans pédanterie, intelligent sans mépris. 
Abdellatif Kechiche a ce talent incroyabe de réussir un film sur la famille, la société, l'exil, la transmission, l'amour avec une justesse de ton, une simplicité, une honnêteté rares. Il y aurait beaucoup à en dire mais je ne veux pas que le discours se substitue à l'oeuvre de ce réalisateur de talent qui filme au coeur de l'humain, qui se place tout contre : au plus près des visages et des corps qui rient, qui gueulent, qui souffrent, qui s'aiment, s'effondrent... 
Généreux, populaire dans le bons sens du terme, tout simplement magnifique.

Un cinéma qui unit quand d'autres ne pensent qu'à diviser. Respect.

par Auteur(e) publié dans : Cinéma communauté : Apprendre et découvrir
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Vendredi 21 décembre 2007
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La mère de Mireille habitait dans un fond de cour à deux pas du théâtre. Louise Lautié avait perdu son époux en 1917 au Chemin des Dames ; il avait été un compagnon de tranchée pour André mais il n’avait pas eu la même chance que lui ; en Ille-et-Vilaine, vingt pour cent des mobilisés étaient morts pour la patrie. René était receveur au bureau de postes de Montfort lorsqu'ils s'étaient mariés et avaient emménagé dans le petit trois pièces que Louise n'avait pas quitté. Neuf mois après naissait Mireille et à quelques jours de son premier anniversaire, l'Allemagne déclarait la guerre à la France. La petite était restée fille unique et Louise touchait une maigre pension de veuve de guerre.

Au rez-de-chaussée de l'immeuble, une pièce tapissée d'un papier jaune bouton d'or lui servait d'atelier de couture ; elle y passait le plus clair de son temps car son travail  était fort prisé. Certes la plupart des bourgeoises de la ville étaient restées attachées à leurs boutiques et couturières rennaises mais l'habilité de Louise les faisait souvent pousser sa porte.

L'Atelier avait tout de suite été un petit paradis pour les fillettes qui s'étaient rencontrées sur les bancs de la communale ; avec l'autorisation d'Adrienne Derqué elles se retrouvaient tous les jeudis après-midi dans la pièce confortablement chauffée afin de permettre aux clientes de se dévêtir pour les essayages. Elles exécutaient alors de menus travaux de couture pour Louise : faufilaient, ourlaient ou confectionnaient des robes pour leur poupée. Jane adorait ce lieu jonché de chutes de tissus multicolores qu'il fallait trier et que l'on utiliserait tôt ou tard ; elle aimait cet univers exclusivement féminin où passaient presque toutes les futures mariées de la ville. Elle enviait un peu Mireille sans saisir combien elle subissait jour après jour la sourde amertume de sa mère.

Mireille avait quitté l'école en même temps que Jane mais contrairement à elle, elle se traçait un destin ; elle maîtrisait parfaitement le métier de couturière et Louise Lautié avait assez d'ouvrage pour deux mais elle avait choisi d'entrer comme apprentie modiste chez Mme Odette Rébal et le chapeau cloche n'avait plus aucun secret pour elle.

Devenues grandes, les deux amies se retrouvaient encore régulièrement à l'atelier et ces rendez-vous  étaient encore plus fréquents depuis qu'elles formaient un duo chantant et participaient aux représentations du théâtre de la ville. Le patronage leur concédait une petite somme d'argent pour confectionner leur costume de scène et leur goût du déguisement était largement investi dans ce travail d'aiguille.

Parmi les clientes de Louise, les jeunes filles comptaient une protectrice : l'épouse du notaire, M. Laffon, s'était entichée du talent de Mme Lautié et elle lui confiait la réalisation de la plupart de ses toilettes. Fille d'un médecin nantais, Yolande Laffont avait reçu de l'éducation et avait eu beaucoup de mal à accepter d'épouser ce sinistre ami de la famille Montfortain ; elle avait longtemps vécu comme une recluse condamnée à un exil éternel avant de transformer son animosité envers les habitants de cette petite ville en bienveillance excessive. Ainsi, elle laissait à l'atelier les numéros de l'Illustration et de la Gazette du Bon Ton qu'elle avait déjà amplement étudié et ne manquait pas de dénicher à Rennes des coupons de tissus inédits à Montfort pour les costumes. Des deux jeunes filles, Mireille était largement la plus aguerrie à la science du col châle et de la coupe princesse. Jane n'était pas et ne pouvait être aussi coquette que Mireille mais elle adorait l'entendre proférer ses leçons de mode tout en s'étonnant qu'il existât presque autant de variétés de tissus que de femmes pour les porter. Elle voyait plus ou moins à quoi ressemblait un crêpe Georgette, un crêpe de soie ou de satin mais quels fabuleux effets devaient produire un crêpe Tartan, un crêpe marocain ou encore un crêpe de Chine (à ne pas confondre avec le crêpe de Pékin) sans même parler des crêpes Morocco, Craquebille, Yolanda ou encore du Fausta, un magnifique crêpe lourd idéal pour les robes ou du Vénus, un triple voile aérien réservé à la lingerie fine. Tous ces noms sortis des pages de l'Illustration lui semblaient tout aussi exotiques et imaginaires que les élégantes parisiennes croquées pour figurer des événements non moins étranges que "le pesage d'Auteuil" ou "une fin d'après-midi au Polo de Bagatelle", une fin d'après-midi qui permettait d'admirer la princesse de Polignac (en robe de crêpe de Chine "Pluie de rose" et manteau de satin broché bordé de renard argenté ) saluant l'ambassadeur de Turquie. Paris était bien loin.

Mireille s'essayait à l'imitation scrupuleuse mais devait vite déclarer forfait devant la difficulté de la tâche et leurs modestes coupons.

Cependant, cette fois encore elle avait fait des merveilles et en revêtant son costume de scène, Jane ressentie une fierté inaccoutumée. Le contraste du crêpe ivoire bordé de noir sur sa peau mate semblait confirmer au physique la noblesse de cœur qu'elle manifestait chaque jour spontanément. Elle savait aussi que sans ces vêtements de scène, elle n'aurait jamais pu s'avancer au devant de la foule pour chanter comme elle le faisait désormais chaque premier samedi du mois.

- C'est magnifique Mimi, dit-elle à la jeune fille en la remerciant d'un regard.

- Attend ! T'as pas tout vu …Je vais t'essayer ton chapeau ; j'ai fait le même pour toutes les deux ; on fera les "jolies sisters"." Elle riait en ajustant la dentelle amidonnée sur la tête de Jane.

- Tu devrais penser à te couper les cheveux. C'est bien beau une crinière comme ça mais ça casse complètement mon cloche.

Jane sourit ; son amie adoptait le perfectionnisme d'une grande dame de la mode.

- Pense un peu à la tête que ferait Adrienne !

- Ta mère ! Hum! Elle haussa les épaules. Elle te baptise Jane comme une danseuse de music-hall et voudrait que tu portes corset, chignon et cotillons !

Jane avait en effet hérité d'un véritable  prénom de scène. Dans sa prime jeunesse, un admirateur avait offert à Adrienne une belle affiche de spectacle ; elle l'avait conservé précieusement et aujourd'hui encore elle trônait au-dessus du bar. L'affiche représentait une gracieuse et svelte danseuse levant  allègrement un pied à la courbe élégante : "Jane Avril. Jardin de Paris."   En dépit ou en raison du jeu de jambes  aguicheur de la donzelle, cette silhouette d'un autre monde fascinait Adrienne et à la naissance de sa fille, ce Jane à l'orthographe anglo-saxonne s'était imposé à elle.

- Tu sais ce qu'il manque à ce chapeau ? demanda Mireille.

- Une jolie tête aux cheveux courts ?

- Mais non, t'es belle comme tout ; non, il manque une fleur ; je verrais bien une rose en soie ivoire…

- Tu veux nous coiffer comme des mariées !

- La voilà l'idée ! Il y a des fleurs d'orangers dans la couronne de maman.

Jane eut un brusque pincement au cœur. Lorsqu'elle pensait à Louise, elle trouvait toujours qu’elles faisaient montre d'une frivolité excessive.

- Non, tu ne peux pas faire ça, dit-elle à Mireille.

- Et pourquoi mademoiselle ?

- ça…, ça nous porterait malheur, osa-t-elle avancer.

Mireille fut prise d'un rire moqueur ; elle ne pouvait s'empêcher de trouver à Jane des travers de campagnarde à la voir si pétrie de superstitions.

- C'est pas sacré, voyons ; on les remettra.

- Est-ce que tu te rends compte que…

- Louise sera contente, je t’assure. Après tout, autant que ça serve à quelque chose de gai qu'elle se soit mariée. Tu sais, Jane, ça fait dix-huit ans qu'on enterre mon père alors je crois que je peux sortir de deuil.

Jane était soudain comme accablée par une immense tristesse. Mireille avait raison. Elles avaient droit au bonheur et pourtant Jane semblait trop souvent en douter. Etait-ce le fait d’être née avec la guerre ? Elle se sentait comme liée à toutes ces vies broyées.

Sans doute se marierait-elle un jour, aurait-elle des enfants, mais peut-être aussi resterait-elle près de ses parents toute sa vie. Étrangement, elle ne voyait rien se dessiner d'unique pour elle. Contrairement à Mireille qui ne voulait pleurer un père resté pour toujours inconnu, elle se sentait parfois comme en deuil. Et en effet, c'était bien le deuil d'un lignage gommé qu'elle portait sur son visage lorsque sa mère la rappelait à son travail. Des parents sans ascendance et elle, unique descendance. ! Qu’est-ce qu’on construit sur de pareilles ruines ?

- Bon, je dois rentrer, dit-elle. On se retrouve à 18 heures demain pour la répétition.

Elles s'embrassèrent. Jane poussa la porte de l'atelier et s'engouffra dans la cour grise qui débouchait sur la vaste place plantée de platanes. La place des petits hommes ; sur la gauche l'école des garçons, sur la droite le cimetière où une croix blanche attestait de la mort de René Lautié et au centre le théâtre flambant neuf du patronage. 

Il fallait le dépasser puis contourner le palais de justice pour descendre en contrebas de l'église Saint-Nicolas jusqu'à la rue commerçante. Elle connaissait le chemin par cœur et s'engagea presque les yeux fermés tant elle se sentait lasse subitement. Elle était coutumière de ces changements d'humeur inattendus et une sombre mélancolie pouvait succéder en elle à une gaieté sans ombres. Elle pensait qu'il lui resterait à nettoyer et à fermer le bar, qu'elle devait se hâter de regagner sa chambre. Elle briquerait le zinc, laverait le sol avant de refermer les volets à battants et d'éteindre la dernière lampe. Le travail ne lui déplaisait pas ; elle trouvait même un certain plaisir à cette effort physique précédant le coucher mais elle avait le sentiment d'être destinée pour toujours à cette vie monotone. A quoi cela pouvait-il lui servir de regarder devant elle ? Il n'y avait pas d'autre avenir pour Jane Derqué que l'ouverture et la fermeture du bar, les œufs qu'il fallait acheter derrière la forêt, le café qu'on prenait soin de ne pas faire bouillir, les petits verres sur pieds au fond trompeur. Pas d'autre avenir. Elle heurta quelqu'un ; absorbée par sa tristesse, comme certaine d’être seule dans la ville. Elle bredouilla un mot d'excuse sans même regarder celui ou celle qu'elle venait de bousculer. Le bistrot se trouvait là, à deux pas.

 

 

 

 

 

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Lundi 17 décembre 2007

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Il ya des lundis matins comme ça où la vie a décidé d’être généreuse avec les pauvres mortels que nous sommes.

Des lundis à en oublier le froid glacial, la baisse du pouvoir d’achat, la croissance qui ne vient pas (vous remarquerez que - par décence - je ne vais pas jusqu’à évoquer les sans-abris, les mal-logés et autres crève-la faim, les otages divers et avariés, les dictateurs en goguette sur le sol français…).

Moi, ce lundi, contre toute attente, je ne me suis pas réveillée dans mon Hôtel particulier coutumier.

Je suis sortie des bras de Morphée dans les draps satinés du Château de la Belle au Bois dormant. 

Mon corps reposait sur un majestueux coussin à festons irisés quand Donald est entré pour me servir un café en faisant coin-coin.

Par la fenêtre décorée de rideaux volantés, j’ai aperçus Mickey et Minnie qui répétaient leur numéro de claquettes emmitouflés dans de jolies doudounes fourrées.

J’ai petit-déjeuné un peu trop copieusement et me suis rendormie après avoir avalé ma cinquième brioche dorée.

Puis – oh surprise divine ! - je me suis réveillée sous le feu d’un baiser ; au-dessus de mon visage un peu nauséeux se tenait un homme, ou plutôt un petit homme, oui c’est ça : un petit homme au sourire crispé.

Il semblait inquiet,  comme figé dans l’attente ; il attendait qu’enfin je le reconnaisse. 
Il me disait bien quelque chose mais… J’ai essaye de lister les hommes de ma connaissance : Ken ? Quasimodo ? Peter Pan ?

Rien à faire : ça ne collait pas avec cet homme-là

Je savais inconsciemment qu’il fallait que je me donne deux ou trois claques, que ça ne pouvait pas être un état normal un lundi matin après un week-end d’une sobriété parfaite.

Et c’est là que j’ai compris : cette année – par ma volonté capricieuse -  le lundi 24 décembre avait été avancé d’une semaine et l’homme qui se tenait devant moi était le cadeau que j’avais entouré quatre fois sur ma liste : un Nicolas !

Un beau Nicolas rien que pour moi.

Merci papa Noël !

Signé : Ta Carla.

 

 

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Lundi 17 décembre 2007
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Je ne sais pas pour vous mais moi je dis bravo ! Bravo Jacquot !

Jacques Martin avait présenté sa femme Cécilia à Nicolas, elle est repartie avec. 
On en reprend d’autres et on recommence : c’est ici au tour de Jacques Séguéla de faire les présentations et bingo !

Les publicitaires ont un de ces nez fins !

Parce que  Carla, c’est LA « the nana » de Nicolas ! On ne pouvait imaginer couple plus en phase, binôme mieux assorti. Exit les Marilyn et John ! Voici venu le temps de Nico et Carla.

Je m’en vais vous le prouver par une simple et courte explication de texte. 
Car Carla, divine déesse, est une exquise prophétesse. Elle rendit ses oracles dans un album qui la consacra chanteuse et il suffit de se pencher sur les textes susurrés qui ont fait son succès pour y voir la romance annoncée et comprendre que notre Carla est faite pour Nicolas.

 

1) Elle ne pouvait pas passer à côté puisqu’elle avait déjà dessiné son portrait :

Regardez-moi
Je suis le plus beau du quartier
J'suis l'bien aimé
Dès qu'on me voit
On se sent tout comme envouté
Comme charmé, hum
Lorsque j'arrive
Les femmes elles me frôlent de leurs
Regards penchés
Bien malgré moi, hé
Je suis le plus beau du quartier, hum, hum, hum

2) Elle l’accepte comme il est, même abattu par les mauvaises âmes qui ont condamné la visite de m’sieur Kadhafi, même fatigué par tous ces Jets à prendre pour aller sauver des gens de par le monde, même abimé par le chaos d’une vie sentimentale décousue. 
Altruiste de nature, Carla se sacrifie pour cet autre, cet homme qui sanglote la nuit venue dans son grand lit vide.

 

J'en connais des superbes,
Des bien-mûrs, des acerbes,
Des velus, des imberbes,
J'en connais des sublimes,
Des mendiants, des richissimes,
Des que la vie abîme...

 

3) Elle a la tête sur les épaules, elle est pragmatique, pas de celles qui s’emballent et déballent des « je t’aime » à la pelle. 

L'amour, hum hum, j'en veux pas
J'préfère de temps de temps
Je préfère le goût du vent
Le goût étrange et doux de la peau de mes amants,
Mais l'amour, hum hum, pas vraiment !

4) Elle est coutumière du paparazzo, du plan média, amie du Séguéla ; elle aime ça, se la jouer Dolce Vita comme Anita, sous les crépitements et les vivas. Des années de podium avec Karl, cela prépare à la première marche !

 

Dès que je souris
Les canards sont ravis
Le petit oiseau va sortir dans "Aile"

 

5) Elle veut travailler plus, que ça bouge en elle et autour d’elle. Il lui en faut un qui dépote.

 

Je suis excessive,
J'aime quand ça désaxe,
Quand tout accélère,
Moi je reste relaxe
Je suis excessive,
Quand tout explose,
Quand la vie s'exhibe,
C'est une transe exquise, (ouais).

 

6) Elle aime, il aime les amours-miroirs : Oh miroir ! Oh mon miroir ! Dis-moi qui de nous deux est le plus irrésistible aujourd’hui. Et elle chante aussi : Ah je ris de me voir si belle -pardon - si beau en ce miroir !

Je suis ton pile
Tu es mon face
Toi mon nombril
Et moi ta glace
Tu es l'envie et moi le geste
Toi le citron et moi le zeste
Je suis le thé, tu es la tasse
Toi la guitare et moi la basse

 

7) Et puis surtout, elle a un programme ! Et comme on n’est jamais mieux servi que par soi-même, elle a rempli son assiette au buffet :

 

Il faudrait que tout le monde réclame auprès des autorités,
Une loi contre toute notre solitude,
Que personne ne soit oublié,
Et que personne ne soit oublié

Nico et Carla

Carla et Nicolas

Tralalalalaaaaaaaaaaaaaaaaa ah ! ah ! ah !

 

 

 

par Auteur(e) publié dans : (Im)perfection communauté : Biffures chroniques
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Lundi 10 décembre 2007

Je me suis lancée dans la création de ce blog avec l’insouciance des débutantes, la fraîcheur des néophytes, la naïveté des oies blanches.

On m’a dit « Catégories » ?

J’ai listé : littérature, écriture, peinture, confiture… A suivre, un jour, c’est sûr, ma gelée de mûres.

On m’a questionné : « pseudo » ?

 J’ai lu les gens qui comme moi ne savaient pas et signaient sans sourciller : « anonyme » ou « auteur ».

Dans l’embarras du choix, j’ai préféré le second car tous les mots alignés de moi seraient.

J’étais au point zéro de la maîtrise de la Sphère,  je ne me répandais pas encore en commentaires, je ne recourrais pas aux vieux inventaires.

 

J’étais décidée à me cantonner à un projet faussement sérieux : décrire les aléas de la vie d’une femme (im)parfaite. Version culture, musculature, murmures, rupture, déconfiture.

Du léger, du « qui ne pèse pas mais repose ». Du glamour,  du Elle et compagnie.

Sans compromis avec l’épanchement, la dissection du moi, le dégoulinage larmoyant.

 

J’avais dit « fiction », attention ! Ni auto, ni docu, ni dico.

Ou alors critique ! De bons coups de trique aux mots des autres.

J’avais dit distance. Du blog sans dépendance.

Quel intérêt ces pseudo-relations virtuelles ? Ces bafouilles de l’égo ?

 

Et puis… Et puis…

De balbutiements en accomplissements, je suis tombée dedans.

A la faveur du mouvement, j’ai commencé  à déposer des bouts de moi, délaissant la critique et renouant avec l’ouvrage de tous les bloggeurs : améliorer le quotidien, transfigurer le réel, éclairer la vie par le truchement des mots. Rendre unique le commun en le brodant sur toile. Sans autre ambition que d’être juste, honnête, sincère, avec soi et les autres.

 

A la faveur des croisements, j’ai fait des rencontres d’un nouveau type : là un rebelle flamboyant ou un poète maudit, ici une écorchée vive, une plume rieuse, un verbe querelleur : des êtres de frappe, de clic et de souris qui osent être ici ce qu’en d’autres lieux, la pudeur interdit.

Et je me suis fait plumer. Comme une oie. Accro aux petits pas des visiteurs, aux vivants échos, aux biffures noires sur blanc de ces communautés de goût.

J’ai plongé dans tous ces réservoirs d’émotions, de déceptions, de sensations avec un plaisir non dissimulé.

 

Nous sommes aujourd’hui 7 millions de bloggeurs en France. Champions du monde !

Je suis de ceux-là.

A quoi cela rime puisque le nombre de lecteurs tarit ? Diront certains à juste titre.

A ça. Cette vie autre qui interroge notre mode d’exister en ce monde et en ce jour.

Résistance dérisoire ? Autre forme d’individualisme ? Repli sur soi?

Je ne crois pas.

Plutôt une manière – élégante et fraternelle – de s’entendre.

 

Une délicieuse symphonie blogguesque où les voix se répondent mais où la dissonance est permise si la bienveillance est de mise.

 

par Auteur(e) publié dans : (Im)perfection communauté : Biffures chroniques
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Présentation

  • : Femme (im)parfaite mode d'emploi
  • femme-im-parfaite-mode-d-emploi
  • : littérature Femme Cinéma Ecriture culture societe
  • : Les trentenaires sont sous le prisme des médias ; on ne compte plus les comédies racontant les heurs et malheurs de ces vieux ados cherchant vainement leur inscription dans le monde. J'ai donc décidé d'apporter ma pierre à la construction de cet édifice vacillant : l'identité d'une trentenaire. Sans miroir déformant, j'y déposerai des reflets de mon MOI (im)parfait, j'y livrerai quelques conseils pour une vie dorée, j'y ferai entendre l'écho de mon petit monde, version sucrée ou salée.
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