Lundi 26 novembre 2007
petit-jardin.JPGDerrière la fenêtre de mon bloc de béton, une petite maison dans un jardin abandonné.

Dans la maison, une forme protégée par le contre-jour ; une vieille femme attend que ce jour passe, assise dans son fauteuil.

Ce matin, elle a tiré ses volets, elle a décroché la blouse de nylon gris suspendue à la porte de la remise et elle est descendue faire le tour de son carré de terre.

C'est l'hiver. Le sol est jonché de feuilles ; les chemins que dessinait autrefois le potager tracé au cordeau sont invisibles au profane mais la vieille dame a la mémoire des lignes.

Elle pose ses pieds dans les traces d’un passé à jamais gravé dans sa mémoire.

Elle marche dans sa vie, entre les défunts plans de fraises et de muguets.

Elle se baisse pour remettre sur pied un tuteur. Son geste est lent et sûr. Sa main a conservé  toute sa verdeur ; elle connaît le goût de la terre, sa porosité humide, son exhalaison pénétrante.

Elle sait, la vielle dame, que le petit tour fini, la journée n'aura plus de sens car tout est là désormais, dans les quelques mètres carrés qui  restent autour de la maison.

Car ces quelques mètres carrés sont tout le monde d'André. André qui n'est plus, depuis vingt ans déjà.

Les hommes de la vielle femme sont tous partis.

La terre les lui a repris.

 

Son père d’abord, happé par le Chemin des Dames ; sa mère ne manquait jamais de le lui répéter, chaque jour que Dieu faisait : le maudit chemin des Dames, petite !

Malgré tous les honneurs rendus au défunt, elle avait toujours lu l’infamie de cette mort, la trahison qui se dessinait derrière ces trois mots : Chemin des Dames. Qui étaient-elles ces créatures dotées du pouvoir d’anéantir les hommes en si peu de temps ?

Elle revoit les lis blancs bordant l’allée centrale du jardin d’antan, les droites lignes piétinées par l’enfant de sept ans qui ne supporte plus ce mensonge éclatant : le chemin des lis blancs.

Son fils ensuite, le fringant Marcel que l’aventure appelait ; le beau Marcel à la mèche gominée, au sourire d’un Mariano du nord ; le cher Marcel qui rêvait d’autres terres et qui avait choisi la mer.

N’y avait-il pas là plus cinglante trahison ? Son fils au départ de Cherbourg !

Elle ne l’aura jamais vu le fier Marcel saluant du bastingage.

Juste quelques cartes postales ; la dernière remontait à 1959, il lui disait son désir de jeter l’ancre, de mettre pied à terre, par delà la Méditerranée : en Algérie.

Elle avait maudit les païennes qui l’avaient ensorcelé son Marcel.

Elle repense aux œillets labourés ; cette marée bleue au centre du jardin qu’il avait planté enfant, aidé de ses soins à elle,  elle la mère donatrice, la terre matrice,  la mère abandonnée. Rancune. Terre brûlée.

Il n’y eut jamais plus de place pour les œillets.

 

Seul André était resté ; son homme au pas traînant, son André au pied bot, André Dubiveau employé à l’entretien des parterres municipaux.

Un amoureux des fleurs, un passionné du pétale, cultivant ses lilas, pivoines et autres pensées avec un soin exclusif.

André qui, chaque soir venu, couvrait son petit monde de graminées d’un regard enchanté et protecteur ; André qui, par un beau matin, avait fait sa valise et n’était plus réapparu.

Elle se souvenait de chaque minute de ce jour ; c’était un mardi de marché ; elle l’avait quitté, panier au bras, sur le coup de huit heures ; il arrosait ses plans d’azalées.

Elle n’avait rien perçu qui puisse augurer un changement dans leur paisible quotidien.

Elle avait cinquante-huit ans ; lui, soixante-deux ; leur fils avait fait sa vie loin d’eux, pour son bonheur et peut-être pour le leur, et leur fille, la gentille petite Nadine, était secrétaire et depuis peu mariée à son patron, un veuf de vingt ans son aîné, un homme du bâtiment ; ils étaient tous deux sans enfant.

Et pourtant, c’était ainsi. André était parti.

Il avait emporté ses papiers, quelques photos, la boite de « Fines galettes de Quimper » contenant leurs quelques économies et il avait laissé, sur le coin de la table à l’immuable toile cirée rouge et blanche, ce mot tracé d’une main vacillante : « Je vais rejoindre ma fleur des îles. Adieu. »

 

Elle se souvient de l’éclat du jardin en ce début de mai prometteur.

Elle revoit le tapis des cinéraires, la masse des roses trémières, l’envol des campanules et des dahlias et elle revit cette marée noire qui la submerge et qui ravage l’enclos polychrome.

Elle entend le bruit de ces sabots vengeurs meurtrissant les frêles corolles, anéantissant les ambitions de croissance : elle libère sa haine du végétal ; ses jupes noires se tachent des déflagrations du pistil - la palette d’une meurtrière.

Rien ne résiste à sa folie ravageuse car rien ne doit rester de ces fleurs du mal qu’une pourriture qui régénèrera la terre ; une terre vierge, une vie neuve.

 

Autour, nul ne s’étonne de sa réaction de femme mais que penser du départ d’André, lui si timide, si maladroit sorti de son univers de plates-bandes ; le pauvre André au pied bot dont tous les chenapans se sont un jour moqué, comment aurait-il pu quitter la ville sans être vu ?

 

Le temps passe ; elle continue de vivre, presque toujours seule ; les mauvaises langues lui prêtent une amourette née un jour de galette des Rois à la réunion mensuelle du Troisième-Age ; l’heureux élu serait Marcellin, l’ancien maréchal-ferrant, un chaud lapin en sa jeunesse !

 

Du jardin, il ne reste plus rien. Une terre vierge, plane. Rien ne semble avoir le droit d’y pousser. Pas une mauvaise herbe ne vient égayer les allées.

Elle veille à ce que rien ne vive sur ces quelques mètres carrés.

La terre lui a tout pris ; elle le lui rend bien ; elle prend tout à la terre.

Mieux encore, elle cultive une farce : une rangée de tuteurs qui soutiennent du vide. La simple vue de ces tuteurs réamorce en elle la force d’arracher les tentatives de survie du végétal.

Mais peu à peu cette force la quitte ; en quelques mois, elle s’affaiblit tant qu’elle ne quitte presque plus le fauteuil que sa fille lui a « télé-acheté » - une merveille de confort, une promesse de plaisir instantané - annonçait le télé-vendeur.

Chaque jour cependant, elle ouvre encore le volet de la fenêtre donnant sur le jardin.

Chaque jour, elle fait quelques pas dans ses allées, arrache çà et là quelques herbes, promène son regard sur les immeubles qui encerclent désormais la terre d’André, des blocs de béton percés de petites fenêtres abritant des dizaines de bienheureux : des êtres sans jardin !

Puis elle va se rasseoir, presque aussi apaisée qu’épuisée car elle est bien vengée : que restera-t-il, après elle, du carré d’André ?

 

 

Derrière la fenêtre de mon bloc de béton, la petite maison dans le jardin ;  la vieille dame n’a pas tiré ses volets depuis des jours. Rien ne bouge. C’est l’image que je me fais de la mort.

Sur le coup de onze heures, un couple arrive : elle, quarante-cinq ans, fait des allées et venues de la maison à leur véhicule ; lui, soixante-cinq ans arpente le terrain, mesure, évalue.

Le fils ou peut-être la fille de la vieille dame, sont venus faire l’état des lieux.

Les obsèques ont dû déjà avoir lieu.

J’ai comme un serrement au cœur. C’est l’idée que je me fais de la mort.

 

Quelques jours plus tard, des machines pénètrent sur ce qui reste pour moi la maison de la vieille dame.

Ils font tomber la maison, puis l’appentis au fond du jardin. Le voilà le vrai plan de la mort.

 

Le mouvement s’accélère. Un architecte est dépêché sur place et deux mois après, une équipe de maçons vient entamer les fondations de ce qui deviendra un petit immeuble d’habitation. Je ne peux me détacher de cette image. Ils se mettent à creuser. Il fait chaud.

Soudain l’un d’entre eux fait signe aux autres d’approcher.

De la terre profanée par les machines, de la terre endeuillée par la perte des êtres chers, il extrait une liasse de vieux papiers soigneusement enveloppés, quelques photos, une boîte de « Fines galettes de Quimper » rouillée, deux vieux godillots et  un grand sac en toile de jute.

Les vestiges de la mort.

 

Elle s’était bien vengée de son grand amour des azalées,  la femme de l’André.

 

par Auteur(e) publié dans : Ecriture communauté : Interlignes
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Vendredi 23 novembre 2007

Ultime assertion du « retour du monde », assertion qui –je dois l’avouer- en a inquiété plus d’un et plus d’une (n’est-ce pas Elena ?) :

 

J’ai rencontré un homme dans le métro

Aimé cette pause dans le mouvement.

 

Vous avez été intrigués par ces lignes énigmatiques… Alors feuilletez l’album Rencontre…
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Une rencontre.

Comment raconter une rencontre ? 
Ou plutôt toutes les rencontres. L’universalité de l’attraction terrestre, de la reconnaissance instantanée.

Comment dire la rumeur confuse de l’avant, le mouvement absurde, linéaire du quotidien, et l’indifférence, l’ennui parfois.

Et puis soudain, cette vibration imperceptible de l’air, ce basculement de l’existence, cette extension du temps, cette présence au monde qui est aussi absence à la réalité.

Et encore, l’évanouissement de la pensée, l’embrasement du corps, l’émiettement, la dissolution et ce que cela suppose de contraire : l’unité, l’harmonie, le sens dans le non-sens.

Les vieilles métaphores ne sauraient s’user. Mais la langue, les mots ne peuvent venir à bout de ce qui dépasse toutes les rhétoriques amoureuses : la vibration de l’âme, le sursaut du corps se débattant avec les éléments.

La rencontre qui fait quitter terre, qui fait manquer d’air, qui vous rend pareille à l’eau et au feu. Décomposée et recomposée ; recomptée – en un instant - au nombre des vivants.

par Auteur(e) publié dans : Ecriture communauté : Biffures chroniques
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Mercredi 21 novembre 2007


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Dans l’épisode zéro, je me suis remémorée la lecture de mon premier « vrai livre ».

Et vous, quel souvenir de cette expérience avez-vous gardé ?

par Auteur(e)
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Mardi 20 novembre 2007
Auberge-angegardienR.gifJ'avais oublié l'épisode zéro de mon historique à la russe ! Je le mentionne ici car il pourrait rappeler des souvenirs à certains d'entre vous.
Cet épisode zéro correspond à mon entrée dans l'univers des mots. Une entrée que je pourrais qualifier de tonitruante puisqu'elle fut personnifiée par le gargantuesque Général Dourakine
L'auberge de l'ange-gardien et Le général Dourakine représentent les premiers vrais livres de mon apprentissage littéraire ; ils m'avaient été offerts dans une édition identique à celle de la parution originelle, la version rouge et or. 
Cet incontournable de la Contesse de Ségur m' a offert mon  premier voyage en russie ; un pays où - je l'appris alors - on déjeune de "Kalatch", on voyage en "téléga", on porte une "touloupe" par grand froid. Un pays aussi, où l'on donne sans vergogne du "Knout" aux paysans. Tout un monde. Archaïque sans doute. Et nostalgique, comme l'était la comtesse.
par Auteur(e) publié dans : Littérature communauté : Interlignes
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Lundi 19 novembre 2007
Troisième assertion à développer :

J’ai vu plus de russes en une seule traversée de la rue du Faubourg Saint- Honoré que dans toute ma vie.
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Rue du Faubourg Saint-Honoré…

Il faut dire tout d’abord que je ne suis pas coutumière de ces lieux et qu’une immersion inhabituelle est toujours propice à l’éclosion de sentiments enfouis, laissés de côté, ou oubliés.

J’ai vu plus de russes…

Je ne voudrais pas que cette expression soit mal reçue, entendue comme péjorative, méprisante à l’égard des russes. Un peuple, pour lequel je pense avoir nourri une passion presque aussi puissante que mon inclination italienne. Une passion, certes enfantine, traversée d’images d’Epinal, de stéréotypes littéraires, mais aussi mère de découvertes, de moments fondateurs.

Une passion dont il me faut de toute évidence vous retracer les grandes étapes, aussi futiles soient-elles. 
Ma curiosité pour la Grande Russie prend racine à l’âge de raison :

Episode 1 : A sept ans, je me lance dans ma première œuvre culinaire ; sa seule évocation – semblable en cela au doux souvenir de la madeleine proustienne – ravive instantanément en mon palais, les saveurs uniques de la cannelle et du clou de girofle. Une petite merveille à savourer avec un thé fumé : le gâteau de pommes à la russe.

Episode 2 : A huit ans, apprentie cinéphile dans les jupes de maman, je rêve de steppes russes, de plaines immaculées et de Docteur Jivago.

Episode 3 : A neuf ans, je m’éprends du folklore slave au lendemain d’une découverte dans les cartons familiaux : la photo d’une maman de 15 ans, en ravissant costume de danseuse russe. Dans le même temps, mes parents me ramènent d’un pseudo voyage d’étude en Albanie, de jolies poupées, charmantes d’exotisme dans leurs jupons clairs et leurs gilets brodés. Je plonge dans le coffre à chiffons où mon imagination trouve matière à création, arbore fièrement des bottes de cuir trop grandes pour moi, noue de longs foulards pour feindre une chevelure encore inexistante.

Episode 4 : A 10 ans, je revois Docteur Jivago : les mêmes causes engendrent les mêmes effets.

Episode 5 : A 12 ans, le CDI du collège m’invite à cultiver mon Henri Troyat : je m’entiche du Paname des années 20 ; celui des russes blancs, de ces princes désargentés qui troquent le rouge, l’enclume et le marteau contre un volant de taxi parisien.

Episode 6 : A 14 ans, je lis un peu Tolstoï et Tourgueniev mais je ne connais plus qu’un auteur : Fedor MikhaÏlevitch Dostoïevski.

Episode 7 : A 16 ans, j’assiste à ces heures dites historiques de la chute du mur de Berlin, pétrifiée devant les images télé de Mstislav Rostropovitch, humble génie restaurant la musique dans les ruines.

Episode 8 : A 17, j’écoute la BO du film Les yeux noirs de Nikita Mikhalkov. Je découvre les vers d’un Maïakovski, je m’éprends du couple Elsa-Aragon.

Episode 9 : A 18 ans, je décide d’apprendre le russe, recopie soigneusement l’alphabet cyrillique, m’essaie à quelques subtilités phonétiques puis abandonne lamentablement mon projet. Je pratique aussi la vodka  zubrovska en bonne compagnie.

Episode 10 : Les années passent et puis plus rien : ma Russie fantasmatique s’évanouit avec mon enfance et meurt à tout jamais avec mon adolescence.

 

Celle de l’âge adulte prend des couleurs moins douces : celles de la misère, de la corruption, de la criminalité.  L’espace des excès les moins gais.

Du Dostoïevski sans le style.

Un pays où le pire se marchande aux coins de la rue, où les âmes fortes sont réduites au silence, où les meurtriers d’Anna Politovskaïa ne sont pas poursuivis, où un Poutine peut régner en maître. 
Cette Russie me glace.

C’est celle de l’excellent Roman russe d’Emmanuel Carrère, celle de la dérive macabre, de la liberté bridée, de la violence déchaînée. Il faut trop de vodka pour l’oublier.

 

 

Je sais. Cela fait beaucoup de digressions, pour en arriver à cette traversée de la rue du Faubourg Saint-Honoré, un soir d’octobre dernier. Et pourtant c’est cet amalgame de passion et de désamour qu’elle a avivé.

Rue du Faubourg Saint- Honoré - Artère du luxe, de l’art officiel et du pouvoir. De la tradition et du bon goût français.

A votre droite,  au n° 22 : La maison de Jeanne Lanvin.

Tout de suite après, au 24 : La maison Hermès.

Admirez au loin la garde rapprochée de l’Elysée ; et là, juste devant vous, cet étrange  couple : une adorable sylphide aux yeux et cheveux clairs et un gros dur sanglé dans un cuir noir. Et là, un autre, au premier semblable : la blonde arborant fièrement ses sacs griffés, le mâle cachant à peine son assurance froide de bandit mafieux. Et puis, quelques pas plus loin, encore ce russe, dur dans la bouche de l’homme, si suave entre les lèvres de la belle. Et toujours : des galeries d’art, des boutiques au commun inaccessibles, inondées par ce flot d’argent : l’argent de la drogue, de la prostitution, du crime organisé ; l’argent blanchi sous les dorures d’un octobre parisien.

 

Je ne suis pas allée jusqu’à Pleyel (n°252), où sans doute le feu Rostropovitch, redonna - pour un temps- confiance en l’âme humaine.

 

PS : Sur les écrans en ce moment, un film que je n’irai pas voir, à tort certainement : Eastern promises, le dernier Cronenberg. Une incursion dans le monde de la mafia russe implantée à Londres. Avec Naomi Wattts dans le rôle de la blonde sylphide, Viggo Mortensen et Vincent Cassel.

par Auteur(e) publié dans : (Im)perfection communauté : Sur l'étagère de mon mur
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Présentation

  • : Femme (im)parfaite mode d'emploi
  • femme-im-parfaite-mode-d-emploi
  • : littérature Femme Cinéma Ecriture culture societe
  • : Les trentenaires sont sous le prisme des médias ; on ne compte plus les comédies racontant les heurs et malheurs de ces vieux ados cherchant vainement leur inscription dans le monde. J'ai donc décidé d'apporter ma pierre à la construction de cet édifice vacillant : l'identité d'une trentenaire. Sans miroir déformant, j'y déposerai des reflets de mon MOI (im)parfait, j'y livrerai quelques conseils pour une vie dorée, j'y ferai entendre l'écho de mon petit monde, version sucrée ou salée.
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