Jeudi 6 novembre 2008

         Ça s’est passé près de chez moi : le tournage d’une scène parisienne du nouveau film de Christophe Honoré !

         Enfin, cela devait se passer près de chez moi. A voir le déploiement logistique de Why not productions plus de deux semaines avant le jour dit, je m’attendais à des heures de tournage sous mes fenêtres. Je me voyais déjà, offrant une tasse de café à Chiara Mastroianni et ouvrant ma porte avec chaleur au séduisant Louis Garrel.


        
Mais que nenni ! J’ai à peine aperçu le dit Louis sortant du café du coin sous l’œil du maestro à l’heure où je m’en allais fêter les saints pères en ce samedi dernier. A mon retour, au petit matin, collants troués-pieds fatigués, l’équipe du film s’était volatilisée avec tout son arsenal technique. Après un repos bien mérité, j’ai donc rangé ma panoplie de midinette (robe blanche et ceinture dorée) et ressorti mes vieux habits de cinéphile…

Avec un parti-pris bien sûr : celui de défendre le film même si –en toute honnêteté – je n’en sais pas grand-chose.

Alors dans l’ordre :


1) Il est réalisé par l'un des rares surdoués de sa génération : Christophe Honoré –soit 6 films en six ans tous remarqués et remarquables ; une inspiration renouvelée à un rythme effréné : il termine le tournage de  Non, ma fille,  tu n’iras pas danser  alors que son dernier opus est encore à l’écran (La belle personne, adaptation contemporaine de La Princesse de Clèves).


2) L’essentiel de ce tournage s’est déroulé en Bretagne, dans la région natale de Christophe Honoré, du côté de Guingamp. La population locale a été mise à contribution, en particulier pour les passages dansés. Par ailleurs, quelques séquences –forcément essentielles – auraient été tournées dans le 14ème  arrondissement de Paris…


3) Le casting est très alléchant puisqu’on retrouve le très séduisant Louis Garrel (oui je sais, je me répète !) pour une cinquième contribution à l’œuvre d’Honoré, dans le rôle de l’alter-ego idéal. On compte également Chiara Mastroianni, déjà présente dans Les chansons d’amour (2007) et La belle personne (2008). Marina Foïs, Marie-Christine Barrault et Jean-Marc Barr viennent compléter - entre autres-  cette heureuse distribution.  

4) Après avoir fait chanter une bien jolie troupe dans Les Chansons d’amour, Alex Baupain (auteur-compositeur émérite) est-il mis à contribution pour faire danser les belles filles éplorées? Je ne le sais.

5) Le titre au charme désuet est un emprunt à la célèbre ritournelle « Sur le pont de Nantes » ; un texte à fredonner nonchalamment  en attendant la sortie du film.

 

Do] Su' l'pont de Nantes
Un bal y est donné
Su' l'pont de [Sol] Nantes
Un bal y est don [Do]

Adèl'demande
A sa mère d'y aller (bis)

« Non, non, ma fille,
Tu n'iras pas danser » (bis)

 

 

Par Maude - Publié dans : Cinéma - Communauté : Interlignes
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Mardi 21 octobre 2008

                                                                                      Lundi 20 oct., 28 boulevard des Capucines
          Elle débarque, moulée dans un cuir noir, gracile et gauche, longue silhouette d’ado androgyne, cachée dans l’unique mèche longue de ses cheveux courts. Yeux cerclés de Khôl. Buste  paré de plumes, ouvert sur une poitrine sans seins.

Il est là l’oiseau de cette nuit.


           
Le K – Katerine Gierak, chanteuse et guitariste rock – très rock même. L’écorchée vive de la scène française actuelle. Mademoiselle K. Parce que Miss, ça la branche pas. Trop mièvre, trop fifille, trop « je conte fleurette ».

Pas son genre à elle.

Son genre à elle ? C’est de jouer franc-jeu, cash, direct : balancer le fragile avec force ; appuyer là où c’est sensible et putain, on verra bien après.

            Mademoiselle ? On pourrait presque dire Mesdemoiselles K (ouais, à ce jeu-là, celui  de la guitare en bandoulière, Melle est presque plus virile que ses musicos ??!!) car il s’agit bien d’un groupe de quatre artistes.

            L’oiseau de nuit est escorté par trois excellents musiciens. Deux silhouettes faussement lunaires viennent entourer l’animal : Pierre Antoine Gombard (dit « Peter ») à la guitare et Pierre Louis Basset (dit « Pilou) à la basse, tandis qu’un gaillard à la chevelure bouclée, David Boutherne, prend place derrière, à la batterie.

           
             En quelques morceaux, ces quatre là vont  faire décoller la salle de l’Olympia. Quoique. Rien de volatil, de proprement aérien dans l’explosion du soir : pas de plans sur la comète, pas de pourvoyeurs d’espaces. Juste un rite de terrien, un bouillonnement païen, puisant dans les tripes, bien arrimé aux fureurs souterraines, aux énergies telluriques. Une vibration commune d’un public conquis par l’intensité extrême du concert.

            Mademoiselle K, c’est un truc direct, une force brute qui évite les atermoiements et te fonce dessus sans fléchir. Un concert suffit généralement à emporter l’adhésion  alors qu’un passage radio t’avait laissé froide. C’est sans doute pour cette raison que le groupe enchaine les concerts : 22 dates entre aujourd’hui et le 13 décembre prochain.

            Alors, n’hésitez pas : il y a forcément une date près de chez vous !

 

 

Mademoiselle K en quelques mots, c’est :

Deux albums : ça me vexe, Jamais la paix...

Des influences musicales : Janis Joplin, Led Zep, The Cure, The Clash, Jeff Buckley, PJ Harvey, Lou Reed, Gainsbourg, les Pixies, Bowie, Portishead, Radiohead… + la presence scènique d’un Bertrand Cantat!

 

 

Par Maude - Publié dans : (Im)perfection - Communauté : Interlignes
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Vendredi 10 octobre 2008

            Au moment de l’annonce de la sortie de l’album de Carla Bruni, j’étais plutôt du côté de ceux qui trouvaient normal qu’une artiste ne renonce pas à faire connaître ses créations. Même quand l’artiste en question est devenue l’épouse d’un chef d’état.

            Mais là, trop c’est trop.

Ras-le-bol de manger du Bruni sauce médiatique matin, midi et soir.

On n’est plus dans la promo discrète, l’autosatisfaction modeste, le narcisse dilettante ;  on est dans l’hyperpromotion.

D’un plateau l’autre, d’un pays à l’autre (vue à la télé dans une émission allemande où une mamie tricotait son bout de laine avec des saucisses…) : Carla sort sa guitare et ses mèches automnales pour vendre – couleur sucrée - son dernier bébé.

En même temps le titre était prémonitoire : « Comme si de rien n’était. »

Ben voyons ! Rien n’a changé… C’est à peine si la Carla fait quelques couvertures de plus chaque semaine, jouant avec brio les faire-valoir de charme ou les marchepieds honnorabilis lorsqu’il s’agit, pour le président, de prendre une teinte à gauche !

            Ultra médiatisation donc.

            Mais ça –à la limite- nul ne s’en étonnera ; le phénomène n’est pas nouveau. Sauf qu’en ces temps de vache maigre, il faudrait peut-être mettre la chansonnette en mode veille.

Outre que c’est franchement indécent quand on songe aux milliers d’artistes qui courent après les lueurs médiatiques –en vain – et dont le travail n’aura jamais l’éclairage qu’il mérite ; l’omniprésence de la dame dans les émissions dites culturelles aggrave – si on peut encore le faire – l’image des dits média. Accusés –souvent avec raison – de collusion avec le pouvoir.

            Le pire, c’est que le phénomène touche des émissions que j’apprécie : de la Musicale de Canal à Taratata sur France 4 (programmé désormais le mercredi à 20h45). Nagui et Emma de Caunes tutoie l’artiste –forcément – renforçant encore l’impression que politique et médiatique fondent même boutique. Evidemment, le coup marketing doit payer et on peut estimer que le rayonnement lié à la première dame retombe sur les autres artistes. Mais on peut aussi déplorer le mélange des genres et se lasser à la longue des mines de « susurreuse » de la première belle de France.


           
Mercredi dernier, Taratata y allait d’une émission spéciale, offrant à La Carla un espace de choix pour présenter sa palette de sourires enjôleurs + yeux rieurs et petits regards lancés de côté. Tout un art !

            Le mercredi précédent, la production avait eu le culot d’organiser un duo Bruni-Doré. Le p’tit Julien de la nouvelle Star vint marquer de son sceau de pseudo-rebelle la Bruni.


Même sex-appeal, même fond de teint, même brushing (un peu gonflé tout de même pour Julien) ; les deux artistes –positionnés en miroir – ont mélangé leurs voix dans un sulfureux « Anyone else but you » des Moldy Peaches. Le pire, c’est ce que c’était très joli. Je me serais bien laissée aller à l’aimer ce duo alangui. Preuve de l’effet-Bruni : celui d’un formidable hypnotique.

Ecoute… Ecoute la Bruni : Oh toi, peuple français, tu es ma came…

Oh France… Oh douce France… Laisse-toi prendre dans mes filets…

Le pays a trouva sa sirène.

Par Maude - Publié dans : Confiture - Communauté : Interlignes
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Vendredi 10 octobre 2008

         J’avais raté à sa sortie le film réalisé par Daniele Luchetti : Mon frère est fils unique (Mio fratello è figlio unico) adapté du livre autobiographique d’Antonio Pennacchi : Il fasciocommunista (à paraître en traduction française prochainement).

         J’ai donc pris grand plaisir à le découvrir sur le petit écran et à apprécier une fois encore le renouvellement du cinéma italien. Mais surtout j’ai eu un énorme coup de cœur pour l’interprète du rôle principal : Elio Germano. Un formidable acteur dont on a – à mon avis – pas fini d’entendre parler.

Par Maude - Publié dans : Cinéma - Communauté : Interlignes
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Vendredi 3 octobre 2008

         
         Je ne m’étais jamais intéressée à l’influence des américains sur le symbole incontournable de la culture française que représente Versailles. Il aura fallu une exposition de l’artiste Jeff Koons pour que j’y regarde de plus près.

         Pour que j’apprenne, tout d’abord, qu’après guerre, Versailles a été « sauvé » par un plan quinquennal financé par les américains (1953-58). Ce plan de restauration a initialisé un mouvement de mécénat qui n’a cessé depuis lors de s’amplifier et qui permet –il faut bien l’admettre – de visiter aujourd’hui un monument paré de toutes les beautés qui lui reviennent. Parmi les grands mécènes de la demeure royale, on trouve en effet les « American Friends of Versailles » qui comptent quelques fortunes de renom.

         Mais faut-il vraiment s’étonner de cet engouement d’outre-Atlantique?

         Versailles c’est un rêve américain avant l’heure : tout y est démesure, tout y exprime la volonté de puissance, la suprématie de la culture sur la nature, le désir de dompter, de dominer.

Louis XIV imposa avec Versailles un modèle de pouvoir – celui du monarque absolu – et un modèle esthétique – le classicisme ; il réussira aussi le pari –mais à quel prix – d’éliminer toute forme de contre-modèle. Il y a quelques années, on aurait pu encore dire la même chose du système libéral made in America. Depuis, les attentats du 11 septembre ont porté un premier coup à « l’impérialisme » à l’américaine et la récente crise financière  ne pourra qu’enrayer un peu plus cette mécanique rutilante. La comparaison s’arrête donc là. Quoique…

         On peut aussi considérer qu’il y a deux Versailles américains. D’ailleurs tout aussi dramatiques, cinématographiques, fantasmatiques l’un que l’autre.

         D’une part, le Versailles des mécènes, de ceux qui entendent restaurer l’ambition première d’un Louis XIV : inscrire dans le marbre l’idée d’ordre et de beauté classique chères à l’image qu’il voulait donner de son pouvoir et de lui-même. Relayer l’œuvre de propagande en quelque sorte, puisque Louis XIV n’était pas sans ignorer les enjeux de la publicité et du marketing! Ce Versailles couteux, celui qu’il faudra à tout jamais entretenir est le Versailles inaugural, celui de l’Apothéose de Jupiter, de l’absolue monarchie.

         Mais il y a d’autre part, le Versailles de l’envers des décors, cet  espace des plaisirs et des trahisons, cette bulle aristocratique, ce paravent intolérablement luxueux pour cacher la misère de tout un pays. Ce Versailles de la décadence, de la Chute.

C’est peut-être ce Versailles qui fascine le plus les artistes américains. On pense forcément au très rock and roll Marie-Antoinette de Sofia Coppola, dans lequel Kirsten Dunst campe une souveraine planant entre soieries et sucreries, mi Paris Hilton- mi Carla Bruni. A mille lieues des préoccupations du commun du mortel, noyée dans l’étourdissement de la fête perpétuelle.


On pense aussi forcément à Jeff Koons qui tout en jouant la carte d’un Versailles Kitsch, introduit une dissonance, une discordance plastique dans la place. Il nous interroge ainsi tout autant sur l’œuvre architecturale ancienne que sur les motivations de notre propre époque. En particulier, il met en évidence la suprématie actuelle du dieu consommation dans la société occidentale ;  là même où le Dieu d’une religion monothéiste légitimait tous les errements du pouvoir… On peut être énervés par l’utilisation que fait l’artiste des objets du quotidien mais il nous renvoie dans les cordes avec cette question : « pourquoi et comment des produits de consommation peuvent être glorifiés, » ; à quel niveau de civilisation en sommes-nous avec de telles pratiques ?

Jeff Koons arrive donc à point nommé pour jouer avec dérision au « Roi de Versailles » au milieu d’une cour médiatique qui s’enthousiasme de son  passé sulfureux* (il fut un temps trader, un autre époux de la Cicciolina) et qui se pâme devant le prix de vente de ses œuvres.

         Jeff Koons est actuellement l’artiste vivant le plus cher aux enchères avec Balloon Flower (magenta) vendu 16 343 000 euros par Christie’s à Londres…

         La boucle est bouclée.

         Parés pour consommer de l’American Versailles ?

 
*Sans compter que l’évènement fait des vagues chez les ardents défenseurs de la chose royale (on a compté jusqu’à 80 manifestants le jour du vernissage…)!

 

 

 

 

Par Maude - Publié dans : Confiture - Communauté : Sur l'étagère de mon mur
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  • : Les trentenaires sont sous le prisme des médias ; on ne compte plus les comédies racontant les heurs et malheurs de ces vieux ados cherchant vainement leur inscription dans le monde. J'ai donc décidé d'apporter ma pierre à la construction de cet édifice vacillant : l'identité d'une trentenaire. Sans miroir déformant, j'y déposerai des reflets de mon MOI (im)parfait, j'y livrerai quelques conseils pour une vie dorée, j'y ferai entendre l'écho de mon petit monde, version sucrée ou salée.
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