Jeudi 12 mai 2011 4 12 /05 /Mai /2011 09:42

 

 

N'est pas Fellini, Wenders ou Chaplin qui veut! En cette semaine d'ouverture du Festival de Cannes, j'ai accompagné un tout  jeune cinéphile à une séance du dernier film de Francis Lawrence : De l'eau pour les éléphants. A défaut d'être bousculée, étonnée, je m'attendais à vibrer au rythme d'un grand spectacle et d'un vrai mélo. Mais le réalisateur a beau déployer des moyens considérables pour révèler la terrifiante magie du cirque, il ne fait que mettre en images un scénario sans surprises qui accule finalement à l'ennui.

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Les comédiens ont de belles mines de papier glacé. Et on cherche en vain l'expression, l'émotion qui ferait que soudain "il se passe quelque chose." Mais non, l'illusion, plus que tout, réclame du génie.

De l'eau pour les éléphants? Un film pour grands enfants adeptes de Disney. Même si à choisir, je préférerais revoir Dumbo!

Par Maude - Publié dans : Cinéma - Communauté : Interlignes
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Lundi 9 mai 2011 1 09 /05 /Mai /2011 19:05

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Berlin. 30/04/11. Checkpoint Charlie.

J'usqu'en 1990, ce point de contrôle constituait la principale porte d'accés pour les alliés, étrangers et diplomates en transit entre les parties est et ouest de la ville. Un panneau précisait alors en anglais, russe, français et allemand : "Vous quittez à présent le secteur américain." Aujourd'hui, la signalétique est affaire de musée. Apple se charge du reste!

 

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Mercredi 16 mars 2011 3 16 /03 /Mars /2011 11:05

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         La population japonaise vit actuellement des évènements effroyables dont on ne peut dés à présent mesurer la réelle portée.

         Les anti-nucléaires se sont aussitôt engouffrés dans la brèche ouverte par l’enchaînement désastreux des catastrophes naturelles (séisme, tsunami) et technologiques (explosion des réacteurs de la centrale de Fukushima), pour relancer le débat sur l'avenir de nos centrales.

         Aussi difficile cela soit-il concrètement, l’humanité doit pouvoir envisager avec raison, non seulement son approvisionnement en énergie, mais aussi et surtout - sa survie - dans un contexte de multiplication des catastrophes naturelles. J’ose donc espérer que dans un futur proche, la France se décide, comme l’Allemagne, à abandonner progressivement le nucléaire civil.

 

         Les terribles images transmises sur les médias internationaux m’ont très vite renvoyé à l’œuvre cinématographique de Hayao Miyazaki.

         Nul mieux que lui au Japon n’a inscrit son travail de réalisateur dans cette réflexion sur la relation complexe que l’humanité entretient avec la nature. Inlassablement, ce maître du cinéma d’animation japonais a mis en images les rapports de forces qui animent cette relation, en interrogeant le rôle de la technologie et en défendant celui de l’écologie. De Princesse Mononoké à Ponyo sur la falaise, tous ses films n’ont de cesse d’inciter au respect de l’équilibre de ces forces.

         Sans angélisme forcené et sans culpabilisation moralisante, il questionne notre rapport à la terre, aux autres, à la souffrance, au rêve, à l’amour, avec cette idée prégnante que chacun de nos choix pèse inévitablement sur l’ensemble de la planète. 

         De son enfance marquée par un Japon dévasté par la seconde guerre mondiale, il a également conservé un questionnement constant sur la difficulté de demeurer pacifiste dans un monde en guerre (Le Château ambulant, Le tombeau des lucioles) et sur la douleur qu’impose la maladie ou la perte d’un être cher (Mon voisin Totoro).

         Son œuvre enchante par sa sensibilité, ses qualités oniriques et métaphoriques.  Elle ouvre les yeux, aux petits comme aux grands, sur les dangers qui menacent ceux qui oublient d’écouter les hommes sages.

         A découvrir et à consommer sans modération, à tout âge.

 

Par Maude - Publié dans : Cinéma - Communauté : Interlignes
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Mardi 15 mars 2011 2 15 /03 /Mars /2011 15:12

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11 mars 2011- Isère - Suspendue par le câble du téléphérique, elle remonte le flanc droit de la montagne dans une ronde coquille de verre.

         Cette déambulation faussement aérienne la plonge instantanément dans une humeur précipice.

         Transportée dans l’absolue pureté du ciel bleu, vers la promesse des étendues neigeuses qui gagnent à faire glisser des corps par milliers, elle se sent happée par le décor.

         A portée d’yeux palpitent les monstres rocheux. Leur puissance minérale inspire respect et humilité. Et le silence de l’enclos mouvant invite aux détachements imaginaires, aux migrations rêveuses.

         Loin des cimes blanchies accrochant les touristes, elle pourrait suivre les veines noires de la roche, s’enfoncer dans les tranchées souterraines pour sentir battre le cœur de la pierre, puis passer de l’autre côté. En bas, une route serpente vers l’Est, remonte vers la frontière, un col alpin fermé l’hiver. L’étranger est derrière - un paese peuplé de veuves noires, pleurant leurs amours perdus, leur malheur amplifié par l’écho des murailles : « ils sont tous morts…, tous morts…, morts…, mor…, mO…O…OOOO… »

         La portée enivrante de la masse rude et abrupte, le bruit distordu de cette douleur sans fin sont telles, qu’elle est prise de vertige.

         Les crocs des à-pics enserrent sa poitrine, ses jambes vacillent, l’air lui vient à manquer.

         La terre tremble à Sendai.

         La terre tremble à Sendai et sous ses yeux, la montagne resserre ses lacets.

         Médusée, elle observe le corset marmoréen qui se referme, en contrebas, sur le village.

         Il faudra tenter de fuir par les hauteurs, par le chemin de la citadelle figée dans son retrait austère, avant que les eaux du torrent délogé de son lit -déchaînées et décuplées - ne viennent coucher les corps.

Par Maude - Publié dans : (Im)perfection - Communauté : Interlignes
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Jeudi 17 février 2011 4 17 /02 /Fév /2011 14:25

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      Certains évènements, collectifs et singuliers, se télescopent d’une manière étrange. 

     Le 1er février dernier, un appel aux jeunes égyptiens était lancé, au bénéfice d’une marche salutaire sur le Caire.  La Place Tahir devenait l’épicentre d’une révolution qui devait conduire 10 jours plus tard, à la démission d’Hosni Moubarak.

     Le 6 février  s’éteignait la romancière et poétesse Andrée Chedid. Née au Caire en 1920 dans une famille d’origine libanaise, elle s’était installée à Paris en 1946 et n’avait cessé de défendre à travers une œuvre riche et variée, sa foi dans l’humain, dans l’autre.

     Son humanisme constant - sans taire la violence qui secoue les civilisations -  se nourrissait de ses attaches orientale et française. Et elle avait fait entendre ce double ancrage dans la chanson écrite pour son petit fils M : « Je dis Aime ».

 

Du Sphinx dans mon rimeur
Paris au fil du cœur
Du Nil dans mes veines
Dans mes artères coule la Seine

 

Je dis Aime
Et je le sème
Sur ma planète

     André Chedid ne participera pas au 12ème printemps des poètes auquel elle était depuis longtemps associée. Pourtant, au regard des événements qui ont bousculé la Tunisie et  l’Egypte, on pourrait croire que l’engagement poétique qu’elle faisait constamment entendre dans les collèges et lycées, a pris vie et corps, à travers cette jeunesse d’Orient. En témoigne ce texte intitulé « Tant de corps et tant d’âme », qui semble avoir été écrit « tout exprès » :

 

Jeunesse

Jeunesse qui t’élances

Dans le fatras du monde

Ne te défais pas à chaque ombre

Ne te courbe pas sous chaque fardeau

Que tes larmes irriguent

Plutôt qu’elles ne te rongent

Garde-toi des mots qui se dégradent

Garde-toi du feu qui pâlit

Ne laisse pas découdre tes songes

Ni réduire ton regard

Jeunesse entends-moi

Tu ne rêves pas en vain.

                                Andrée Chedid (extrait du recueil Poèmes pour un texte 1970-1991, éditions Flammarion, 1991).

 

     Nul n’est prophète en son pays mais retenons cependant cette conviction qui habitait  la poétesse : « Nous ne donnons rien au poème qu’il ne nous rende au centuple. »

Par Maude - Publié dans : Littérature - Communauté : Interlignes
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  • : Si vous n'avez jamais lu la rubrique hebdo d'un célèbre magazine féminin intitulée "Une journée avec", vous aurez peut-être du mal avec le concept hybride de femme (im)parfaite. Cette rubrique nous vend des femmes imperfectibles : elles travaillent, s'occupent de leurs enfants, chaussent des Jimmy Choo, ont une conscience politique, étudient les suites de Bach, consomment bio... Et si nous revendiquions le droit de chacune à l'(im)perfection et surtout à infiniment plus de complexité (féminine)!
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