Au nombre des développements
ultérieurs promis, nous comptons d'abord l'assertion suivante :
J'ai vu ma voisine de 70 ans, nue, dans sa salle de bain.
Beautés éternelles
Une rue déserte, plongée dans la nuit,
Une succession de volets clos et de portes muettes, docilement alignés,
Pas un passant, pas d’autre bruit que la monotonie du vent.
Et puis soudain,
Un carré de lumière,
La douce
carnation d’une peau,
Un chatoiement de courbes.
Madame entre dans la salle de bain,
Vue et fenêtre sur rue.
Ecran blanc dans la nuit noire :
Instant cinématographique par excellence, minute photogénique.
Madame est Nue,
Non pas dévêtue,
Mais assumant un nu volontaire,
Revendicatif et artiste.
Elle se choisit
Transparente derrière le verre opaque ;
Charnelle sous un chignon impeccable d’héroïne hitchcockienne.
Elle est impudique et digne dans son dévoilement,
Belle surtout, Belle de jour, en dépit du temps,
Juste un peu floue,
A la manière d'une Bardot de Match d’aujourd’hui :
Contours estompés,
Rides gommées, affaissements maîtrisés
Et fausse blondeur assumée.
Elle s’offre au regard, impudique face à son miroir.
Fidèle chaque soir.
Epiphanie orgueilleuse d’un mari consentant ?
Plaisir solitaire ? Heure de vérité ?
Charme intemporel d’un corps féminin,
Eloge de la vie qui court encore,
Et qui invite à la tendresse,
D’une femme encore jeune,
Pour une Dame de 70 ans.
Une Dame. Une vraie.
Courtoise, elle a de la conversation et invite aux mots choisis.
Elégante, elle maîtrise le fard et le rouge, le mélange des couleurs et l’équilibre de la silhouette.
Disciplinée, elle travaille sa démarche, son maintien, la blancheur de son sourire.
Elle consent, fidèle à son image, à ce travail à plein temps de la beauté.
Star du quotidien,
Prisonnière
Des têtes qu’elle fait encore tourner,
Elle connaît ses classiques
Quand tu seras bien vieille le soir à la chandelle…
Et repousse les limites.
La beauté n’a pas d’âge, dit-on,
Mais on rangerait celle-ci dans le troisième.
Et je l’observe avec un regard attendri
Car elle est ma voisine, ma mère, ma sœur, une autre moi-même,
Celle de demain.
Mon futur imparfait.
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Car les chutes du Niagara sont ici plus qu'un décor, elles dictent par leur puissance hypnotique un parcours aux hommes qui osent s'en approcher.
Un parcours dévastateur ou sacrificiel qui donne chair aux maux de l'Amérique de l'expansion industrielle.