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Lundi 29 octobre 2007

IMGP1561.JPGJe vais quitter mon bocal
le temps de fouler d'autres macadams
Je vais un peu déserter ces pages
mais
ne partez pas si vite!
je ne m'absente
que le temps de cultiver deux ou trois (im)perfections... 
Comptez donc une ou deux inspirations  et 
Madame reprendra place,
sage et disponible.





Pour me faire pardonner
cette petite escapade
je vous offre
l'un de mes textes poétiques préfèrés.
A tutti : Ciao

A l’heure où la lumière enfuit son visage

dans notre cou, on crie

les nouvelles du soir,

on nous écorche. L’air est doux. Gens de passage

dans cette ville, on pourra

juste un peu s’asseoir

au bord du fleuve où bouge

un arbre à peine vert,

le temps de faire ce voyage avant l’hiver,

de t’embrasser avant de partir ? 
Si tu m'aimes
retiens-moi, le temps de reprendre souffle, au moins,

juste pour ce printemps, qu’on nous laisse tranquilles

longer la tremblante paix du fleuve, très loin,

jusqu’où s'inclinent

les fabriques immobiles…

Mais pas moyen. Il ne faut pas que l’étranger qui marche

se retourne, ou il serait changé

en statue : on ne peut qu’avancer. Et les villes

qui sont encore debout brûleront. Une chance

que j’aie au moins visité Rome, l’an passé,

que nous nous soyons vite aimés, avant l’absence,

regardés encore une fois, vite embrassés,

avant qu’on crie

« Le Monde » à notre dernier monde

ou « Ce Soir » au dernier beau soir qui nous confonde…

Tu partiras.

Déjà ton corps est moins réel

que le courant qui l’use, et ces fumées au ciel

ont plus de racines que nous. C’est inutile

de nous forcer. Regarde

l’eau comme elle file

par la faille entre nos deux ombres. C’est la fin

qui nous passe le goût de jouer au plus fin.

 

Philippe Jaccottet, L’Effraie

 

par Auteur(e) publié dans : Ecriture communauté : Interlignes
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Jeudi 25 octobre 2007
Mma-Ramotswe.jpg

Connaissez-vous Precious Ramotswe ? Non ??!! Il s’agit pourtant de la première femme détective privée du Botswana, et peut-être même d’Afrique !

On ne peut plus longtemps méconnaître une femme d’une telle valeur.

Precious la bien nommée, appelée aussi Mma Ramotswe, est de celles qui multiplient les qualités humaines : généreuse, pleine de bon sens, fière de son pays ; chacune de ses actions semble une tentative de définition du mot « fraternité ».

Oh ! N’allez pas croire que cette Mma est une sainte ; ce ne serait pas drôle ! Elle est juste une femme au grand cœur qui vit sa fonction de « 1ère femme détective du Botswana » comme un sacerdoce, un moyen de faire le bien, de voir triompher la justice autour d’elle. Elle ne se délecte pas  pour autant de moralisme à longueur de journées. Mma, la quarantaine finissante et la corpulence d’une africaine traditionnelle, sait faire rimer enquête, soupçons et suspens avec humour et légèreté.

C’est que cette noble femme sort tout droit de la plume d’un anglais qui sait doser la bonne humeur avec subtilité. On doit en effet cette héroïne sans égal à Alexander Mc Call Smith, un professeur de droit médical qui enseigne à l’Université d’Edimbourg (Ecosse) et qui a vécu de nombreuses années au Bostwana. Marqué par cette expérience, Alexander MC Call Smith est parvenu à créer un personnage très attachant et à présenter une vision de l’Afrique pleine d’affection, sans jamais tomber jamais dans un angélisme de mauvais aloi.

Epaulée par son assistante aux larges lunettes et aux souliers verts, la très respectable Mma Makutsi, Precious Ramotswe fait face aux affaires qui lui sont présentées avec un souci de justice lumineux et chaleureux. On sourit beaucoup tout au long de la lecture, des remarques de Mma et du regard qu’elle sait poser sur ses condisciples et sur elle-même. Il faut l’entendre évoquer ses problèmes de constipation ou encore rendre hommage à « sa constitution d’Africaine traditionnelle, à mille lieues de ces horribles créatures maigres comme des clous que l’on [voit] dans les publicités. »

Mma est une détective mais ses enquêtes ne relèvent en rien du polar et ne parviendraient pas à nourrir un thriller hollywoodien : pas de courses-poursuites ni d’armes à feu dans l’univers de cette drôle de dame mais un vrai sens moral qui commande chacune de ses démarches. Precious œuvre pour son pays, dans le respect des valeurs de l’Afrique et en mémoire de son vénérable père. Son naturel altruiste la tourne toujours vers les plus pauvres, les plus faibles, les démunis de l’amour, sans jamais que cet élan du coeur ne se surcharge de pathos.

Elle sait aussi exercer son esprit critique car elle observe avec lucidité les problèmes du continent africain, et les troubles qu’il connaît ne sont pas occultés : sida, pauvreté, femmes battues ou abandonnées avec des livrées d’enfants, politiciens corrompus...

 

Rien ne pouvait laisser supposer le succès de Precious car l’auteur a d’abord été publié par un éditeur très confidentiel mais le bouche-à-oreille a bien fonctionné et cinq millions d’exemplaires des aventures de Mma Ramotswe ont été vendus dans le monde à ce jour.
Traduits en 34 langues, les romans ont paru en France dans la collection 10-18 (Les grands détectives).

Il semblerait en outre qu’Anthony Minghella adapte au cinéma la première enquête de Mma Ramotswe.

Mieux encore, au Botswana, une agence de voyage a lancé un circuit de visites à Mochudi, ville natale de Mma Ramotswe ainsi que de sa maison sur la route de Zébra à Gaborone.

Qui a dit que Mma Ramotswe était un personnage de fiction ?

Courrez la rencontrer ! En quelques heures, vous vous convertirez au thé rouge !

 

 

par Auteur(e) publié dans : Littérature communauté : Biffures chroniques
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Lundi 22 octobre 2007

2848760346.jpg
J’ai vu quelqu’un marcher sur le toit.
A l’heure où les volets se ferment.

Entre chien et loup peut-être. Ou plus tard, quand la nuit était vraiment là.

Entre chien et loup.

Petite, cette expression me fascinait, convoquait deux gueules ouvertes : incisives et canines dehors.

Un surgissement effrayant, entre le domestique et le sauvage, qui vibrait en moi comme un grognement féroce lorsque nous rentrions à cette heure mystérieuse, dans la voiture familiale : le chien à gauche, le loup à droite aveuglés et menaçants, dans les phares de l’auto.

Peur dévorante. Mais presque délicieuse alors, puisque la peur était encore un jeu.

Peur sans objet car jamais le rebondissement attendu -redouté mais attendu- ne prit forme et vie.

Quelle que fut l’heure, la voiture regagnait immanquablement le sous-sol de la maison blanche au toit noir. La porte était bientôt close. Nous étions à l’abri. 
Je n’aurais jamais remis le nez dehors. Et j’évitais tous les coins sombres où – chacun le sait- le silence est illusoire.

Mais ce soir,

 j’ai vu quelqu’un marcher sur le toit.

Sur ce toit plat de zinc miroitant sous la lune.

A l’heure où mon bras tremblant clôt les larges volets blancs.

Ai-je vu quelqu’un sur le toit ?

Dans la pâleur du ciel nocturne.

Etrange silhouette sombre. Apprenti équilibriste. Présence sans visage et sans voix.

J’ai frissonné –forcément- et sursauté –bien sûr-, imperceptiblement.

Sous le coup du froid, de l’humide, du ténébreux.

J’ai vu quelqu’un sur le toit.
Envoûtement maléfique.

Et j’ai regagné la lumière, j’ai rejoint l’écho coloré de la vie.

Avec cette ombre en moi, ce tressaillement de l’angoisse accroché au corps, rivé à l’esprit.

Ce n’est pas ma première vision. Simple dérive coutumière de l’imagination. Ou nouvelle cohabitation ? Avec les fantômes.

Ou encore, simple pouvoir de la littérature ?

Il est des romans qui vous poursuivent, surtout entre chien et loup. 
Celui que je lis ces jours-ci- ces nuits-aussi- est de ceux-là.

Le roman d’une équilibriste  talentueuse – l'américaine Joyce Carol Oates – qui avance sur la page avec une plume pour balancier et des maux pour lest.

Et des mots, qu’elle fait osciller entre douceur et violence, élan de vie et pulsion de mort. Eros et thanatos omniprésents, n’épargnent aucun des personnages qu’elle manipule, bouscule, annule parfois dans le grand bouillonnement des Chutes. 
5638-couple-at-niagara-520.jpgCar les chutes du Niagara sont ici plus qu'un décor, elles dictent par leur puissance hypnotique un parcours aux hommes qui osent s'en approcher. Un parcours dévastateur ou sacrificiel qui donne chair aux maux de l'Amérique de l'expansion industrielle. 
Romancière démiurgique à l’égal des classiques, Joyce Carol Oates sait faire entendre sa petite musique - une voix qui s'insinue tel un poison- sous couvert d’une saga, d'une fresque familiale, qui ne peut être que noire.


Ce soir, c’est sûr, j’ai vu quelqu’un marcher sur le toit.

Reginald Burnaby,

Suspendu à sa corde raide,

Bravant les forces de la Nature

et offrant à cette reine sa carcasse.
Et à la suite de l'aïeul : Dirk Burnaby, Chandler, Royall, Juliet. Les Damnés.

J'ai vu quelqu'un marcher sur le toit.
Par le seul pouvoir de la littérature.
Car certains personnages de roman ont plus de réalité que les vivants.
 

par Auteur(e) publié dans : Littérature communauté : Interlignes
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Samedi 20 octobre 2007
Je viens de me créer ma petite ville à moi. Mais, je me sens un peu seule dans mon pavillon au milieu des champs. Rejoignez-moi.
http://Interlignes.miniville.fr/
par Auteur(e) publié dans : (Im)perfection
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Lundi 15 octobre 2007

(Je préviens par avance mes lecteurs et lectrices adorés que les lignes qui suivent n’auront de sens que pour les a-mateurs assidus de presse féminine. Prière de s’abstenir de toute lecture dans le cas contraire. Merci)
n-3223-home-image-kiosque2-copie-2.jpgSein-te Monica, disais-je…

Sublimissime, bombissime, bellissima et biondissima (traduit "blondissime") pour le dernier "polar crépusculaire" d'Alain  Corneau ; Monique (eh oui, en français, c’est tout de suite moins glamour) est de toutes les cimes : cimes de la beauté, de la féminité, de la séduction, de la sensualité, et j’en passe… 

Elle fait une fois encore la couverture de l’un de nos grands magazines féminins puisqu’on la retrouve à demie nue sur le Elle du 8 octobre, illustrant à sa manière le numéro spécial sexe ("vive l'amour! Ce qui nous rend femmes, Ce qui les rend fous ") d’octobre. 
Car, comme chacun le sait - abstraction faite du réchauffement climatique dont nous sommes à ce jour victimes - le mois d’octobre est celui du "Retour sous la couette" ("Return under the duvet"). 
Monica a donc été chargée par le magazine d’être en quelque sorte la grande prêtresse, la sainte protectrice de ce Retour : auréolée par sa blondeur nouvelle, elle est censée offrir un supplément solaire ; elle est appelée à réchauffer les corps engourdis à la seule lueur de son œil langoureux et à revivifier le phéromone qui sommeille en chacun de nous. 
Dea Monica a ainsi pour mission sacrée de révéler la dimension torride de cette demie saison.

Mais là, – désolée Monique- c’est un peu raté. Loin de moi l’idée de remettre en cause les compétences de la Bellucci - on pourrait y voir un esprit aigri qui me ressemble peu - ;  Monique a d'ailleurs apparemment respecté le cahier des charges de « La Révélation d’Octobre » mais je suis bien obligée de constater deux erreurs majeures dans la stratégie mise en place.

1)      Petit un : Il faudrait peut-être que le magazine susnommé prenne en compte l’évolution climatique de notre planète : en octobre, désormais, la couette est encore au placard. Il fait chaud, il fait beau et, j'en suis bien consciente : c’est un désastre ! On a réordonné le dressing automne-hiver (rangé les leggings blancs, les ballerines à pois et le maillot triangle), on voudrait étrenner ses low boots fourrées et  ses mitaines en croûte de porc mais rien à faire : le froid s’est fait la malle. D’ailleurs, tout le monde s’inquiète et à juste titre : on n'a jamais autant parlé d'écologie qu’en ce mois d’octobre (Nicolas Hulot a dit que…, un débat sans précédent avec le Grenelle de l’environnement…). Mais ça ne change rien au problème : il fait chaud ; Monique fait sa Barbie-Bardot en couverture de Elle ; Alain Delon vend sa peinture années cinquante (estimée à 400 millions d’euros quand même) et ça ne choque personne… sauf moi a priori parce que…
bardot-collants.jpg

2)    Petit deux : à y regarder de plus près, je suis bien obligée de constater que Monica  a failli à sa tâche.  J'ai presque du mal à l’écrire, mais, en couverture de Elle, Monica n’a plus de seins ??!! 
(Allez voir vous-mêmes si je mens !)
Comment est-ce possible ?  Comment incarner la sexitude sans seins ? Comment redorer le blason de la maman et la putain sans exhiber la poitrine généreuse qu’on lui connaît ? Oh, je vous rassure, Monica retrouve son décolleté page 139, dans le reflet d'un miroir intelligemment placé. Mais quel choc néanmoins ! Qui a pu se permettre une retouche aussi indigne de la plus humaine et non moins plantureuse de nos franco-italiennes ?
 

  

« La beauté, c’est banal » affirme Monica dans les pages qui lui sont consacrées. Tellement banale qu’on peut tailler dans le vif. Le correcteur et le bistouri sont devenus les appendices indispensables de cette beauté sur papier glacé et ça ne fait plus frémir personne.

Une façon très branchée octobre 2007 de réinterpréter le  « Cachez-moi ce sein que je ne saurais voir… »
 

par Auteur(e) publié dans : (Im)perfection
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Mardi 9 octobre 2007

affiche-control.jpgControl…She’s lost control, griffonne un soir Ian Curtis, dans sa maison de Macclesfield. 
Parle-t-il de sa femme Deborah ? De sa maîtresse Annick ?  Ou en définitive de lui-même ?

C’est guidé par ces questions que le réalisateur de Control s’est penché sur les quatre dernières années de vie de Ian Curtis, chanteur charismatique du groupe Joy Division.

 

Un homme, deux femmes - c’est une histoire banale en somme que celle que nous raconte Anton Corbijn, célèbre photographe de la scène rock et réalisateur du film Control ; une histoire qui lui permet cependant de s’affranchir des codes du rock biopic classique.

Fan de la première heure – il aura quitté son Hollande natale pour se rapprocher du groupe – Anton Corbijn aurait pu se contenter de raconter l’ascension de Warsaw, le groupe rebaptisé par Ian Curtis lui-même Joy Division, en focalisant son attention sur la partie musicale de la vie de celui-ci. Il en aurait peut-être été ainsi si Ian, parolier et chanteur habité de Joy Division ne s’était donné la mort, trois ans après la naissance du groupe et la veille d’un départ pour une tournée aux Etats-Unis. Cette fin tragique lui aura imposé un autre film,  centré sur Ian, son talent, ses troubles, son énigme aussi.

Par la grâce de Sam Riley, Ian Curtis est là : beau brun ténébreux à l’allure androgyne - moue féminine, regard noirci au khôl, torse nu sous le blouson de fourrure-, adolescent qui écrit, lis Wordsworth, et écoute –fasciné- le Bowie du Ziggy Stardust et Iggy Pop. Un adolescent qui épouse trop tôt Deborah, son premier amour, voit sa carrière s’envoler en quelques mois, mais aussi son corps l’abandonner – en proie à la maladie -. Les concerts pourtant se multiplient. Sur scène, l’énergie sauvage et magnétique du chanteur, sa voix grave, sa sarabande hypnotique aux saccades d’épileptique bousculent et subjuguent. Un autre amour naît de cet embrasement des concerts mais le sens, le sens de la trajectoire s’est effacé. Ian Curtis perd le contrôle.

Anton Corbijn redessine finalement le chemin d’un jeune homme rattrapé par sa soif d’absolu autant que par ses choix ; le chemin d’une âme pure qui refuse l’âge adulte - non par lâcheté - mais parce que cet âge suppose de trahir ses idéaux, d’accepter les petits arrangements avec la vie et de tourner le dos à la lumière.

Car lumineux le film l’est. Les personnages baignent dans une opalescence propre à cet âge de tous les possibles et on croit un temps que rien ne saura éteindre cette pureté originelle : ni les parents murés dans une tristesse sourde, ni les murs gris et crasseux de cette ville du nord de l’Angleterre, ni la maladie qui ravive le froid et la nuit.

Mais le choix par le réalisateur d’un noir et blanc très contrasté permet de traduire visuellement l’alternance de plus en plus accentuée entre le lumineux et le sombre. Ainsi, la scène de demande en mariage, presque inaugurale, est  tournée dans un pré baigné de soleil qui rappelle certains Renoir ou Tarkovski. Seuls au monde dans cette campagne anglaise d’un romantisme intemporel, Ian et Debbie font le pari de l’amour éternel, aveuglés comme on peut l’être à cet âge par les nouveaux commandements du corps et le mépris du temps.

Puis très vite, la nature cède la place aux scènes d’intérieur : l’air se raréfie, la lumière se fait artificielle et l’esprit se perd peu à peu. Les salles de concert opposent naturellement le contraste entre l’exposition excessive de la star montante et l’ombre qu’impose l’épuisement du corps de l’artiste, ce balancement obligé entre l’exceptionnel et le banal.     

L’une des autres réussites du film est sans conteste son rythme ; le réalisateur échappe au principal travers des rock biopic, en instaurant comme principes de narration, la linéarité et la lenteur. C’est d’autant plus marquant que la carrière de Joy Division fut paradoxalement aussi courte que fulgurante. Il met le spectateur face à la réalité temporelle de la vie d’un groupe de musiciens en proie à des variations absolues : entre vie quotidienne des plus communes et épiphanies des tournées. Ainsi, Ian Curtis, marié et père de famille, passe d’abord aisément de la scène à son statut d’employé dans un centre d’aide à la recherche d’emploi. Cette manière qu’a Anton Corbijn de retracer le quotidien de Ian Curtis, permet en outre d’expliquer en partie comment le succès, l’engouement qu’il a suscité, a peu à peu brûlé les ailes du jeune homme: « Se rendent-ils compte de tout ce que je donne sur scène ? » s’interroge-t-il peu avant la fin.

Il faut ajouter que le réalisateur filme le personnage comme un admirateur plein de respect et non comme un fan vorace. Il fait revivre Ian Curtis sans jamais lui ôter la part de mystère qui fait de lui un artiste et non un sujet commercial. C’est indéniablement une des qualités du film que ce regard aimant, à la fois proche et distancié. C’est en même temps une de ses lacunes : il manque souvent des clés – familiales en particulier-  pour comprendre l’homme que fut Ian Curtis. Mais est-il indispensable de comprendre et d’expliquer ?

La distribution, forcément délicate dans ce type de film, est à l’image du respect qu’Anton Corbijn  garde pour Ian et Deborah Curtis. Sam Riley, beau gosse pâle aux faux airs de Pete Doherty (dramatiquement séduisant) est d’une grande justesse. Face à lui, Samantha Morton et Alexandra Maria Lara (sa petite amie du moment !) dosent avec talent les émotions qui traversent cette vie qu’on regarde « peut-être au bord de la noyade ».

                  

 

Ecoutez ou réécoutez Joy division (sur Deezer par exemple) : She’s lost control biensûr, Love Will Tear Us Apart, Transmission, Dead Souls, Isolation, Warsaw (1er nom du groupe)…

 

 

 

par Auteur(e) publié dans : Cinéma
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Jeudi 4 octobre 2007
einstein-velo.jpgIl y a des jours comme ça où le bonheur est palpable, où il semble prêt à investir chaque atome de la terre que l’on foule, chaque particule de l’air qu’on respire. Il vous porte, vous rend plus légère que jamais, plus belle, plus désirable et donc forcément un peu plus intelligente aussi.

Un jour comme ça, il fait forcément beau ; l’air est doux comme dans un été indien à la Joe Dassin ; le soleil d’automne vous fait la peau abricot à la manière d’une crème teintée Agnés B ; vous laissez tomber l’écharpe, gorge offerte aux rayons d’un soleil soudain ragaillardi. Les feuilles jaunissantes retardent pour vous leur chute inexorable vers l’hiver. Les enfants sont beaux, barbouillés d’une confiture de mûre que vous n’ôterez pas puisque papa s’occupe d’eux, tandis que –oh liberté suprême ! – vous vous apprêtez à abandonner cet adorable petit monde pour enfourcher votre élégante monture : ce bitwin ou autre vélib, cette bicyclette chantée par Montand et définitivement baptisée par ma Margot : le «yélo » (à prononcer « yellow » comme dans l’hymne sous-marin des Beatles).
Des jours comme ça on accepte de les vivre en roue libre. Perchée sur son bi, on sourit aux passants – intrigués forcément par ce flagrant délit de réjouissance- ; on dit « merci » plus que de raison aux automobilistes qui – admiratifs devant tant d’allégresse – vous tirent une révérence en vous cédant le passage. On ne se sent pas vraiment « normale » -car le bonheur n’est pas si banal – et on sait que ça se voit mais quelle importance ! Il y a des jours comme ça…

par Auteur(e) publié dans : (Im)perfection
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Présentation

  • : Femme (im)parfaite mode d'emploi
  • femme-im-parfaite-mode-d-emploi
  • : Ecriture Femme culture littérature Société societe
  • : Les trentenaires sont sous le prisme des médias ; on ne compte plus les comédies racontant les heurs et malheurs de ces vieux ados cherchant vainement leur inscription dans le monde. J'ai donc décidé d'apporter ma pierre à la construction de cet édifice vacillant : l'identité d'une trentenaire. Sans miroir déformant, j'y déposerai des reflets de mon MOI (im)parfait, j'y livrerai quelques conseils pour une vie dorée, j'y ferai entendre l'écho de mon petit monde, version sucrée ou salée.
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