J’ai vu trois films.
Persepolis, réalisé par Marjane Satrapi d’après sa BD.
Film animé ; avec les voix de Chiara Mastroianni, Catherine, Deneuve, Danielle Darrieux.
Cru sans être cruel, tragique et drôle à la fois, le film retrace la vie de Marjane de six à 23 ans.
Un parcours émouvant et cocasse qui débute à Téhéran en 1978, à la chute du Shah d’Iran et qui relève plutôt du saut d’obstacles impossibles : comment survit-on à une révolution, à une
guerre, à la disparition des êtres chers quand on est une petite fille ? Puis comment accepter les contraintes d’un Islam tout puissant quand on devient jeune fille ? Et comment se
résout-on à un exil en terre inconnue à l'heure où l'on devient femme ?
Ce sont toutes ces questions que Marjane Satrapi parvient à illustrer avec beaucoup d’humour et d’amour. De l’amour pour les femmes qui l’ont guidée (je pense à la verve incomparable de sa
grand-mère ou à la lucidité de sa mère), pour les pays qui l’ont accueillie et finalement aussi pour sa terre natale. De l’humour, de l’amour, le film en regorge ; mais aussi du talent car de la
BD au film, les dessins semblent avoir gagné non seulement en force argumentative, mais aussi en poésie.
L’heure zéro , réalisé par Pascal Thomas
Avec Melvil Poupaud, Laura Smet, Chiara Mastroianni, François Morel, Danielle Darrieux.
Imaginez un sombre manoir néo-gothique qui se dresse au-dessus de la baie de Dinard, une vieille dame vaguement opiomane et une réunion de famille un peu spéciale. Voici réunis tous les ingrédients d’un polar à la manière d’Agatha Christie.
Survient donc un crime ; des suspects et des mobiles se bousculent au portillon : reste à trouver un enquêteur en la personne de M. François Morel (un M. Tati en vacances mâtiné d'Hercule Poirot) et biensûr un criminel un peu inattendu.
Vous obtenez : un joli numéro d’acteurs, un décor franco-anglais des plus parfaits et un huis-clos bien huilé. On batifole moins que dans Le grand appartement précédent mais on passe néanmoins un bon moment car le plaisir de jeu des acteurs est
communicatif.
Le rêve de cassandre, de Woody allen.
Avec Ewan mC Gregor, Colin Farell.
Troisième volet de la trilogie anglaise d’un Woody Allen plus acide que jamais.
Sur un coup de cœur et par nostalgie de lointaines vacances passées en compagnie d’un oncle fortuné, deux frères fauchés s’offrent un voilier qu’ils baptisent
« Cassandra s’dream ».
Mais le choix s’avère de mauvais augure et la mécanique implacable de la fatalité s’abat sur ces deux êtres qui avaient des rêves trop grands pour eux. La tragédie grecque et le drame
shakespearien, remaniés à la sauce Allen : l’intrigue est sans surprise mais l’étude des personnages est d’une grande justesse. On ne peut qu'applaudir à la direction d’acteurs et au
choix d’un Colin Farell, parfait dans un rôle à contre-emploi.
Mention spéciale :

Pour
continuer mon éloge des vieilles dames indignes,
j'ajouterai un mot sur Danielle Darieux car ce mythe vivant du cinéma français m'a enchantée d'un film à l'autre. J'avais déjà apprécié son côté décalé,
ironique et caustique dans Huit Femmes de Ozon mais j'ai découvert dans Persepolis une palette de jeu plus sensible encore.
Elle y est tout à la fois truculente et touchante en grand-mère de Marjane Satrapi. Et elle offre par sa présence vocale une véritable ode à la
transmission entre femmes. L’épisode du jasmin (ceux qui ont vu, ou verront le film comprendront) est des plus émouvants.
Dans l’Heure zéro, manipulatrice et manipulée, caustique et vulnérable, elle est une vieille dame lumineuse qui n’a rien perdu de son charme
vénéneux.
Elle forme avec Chiara Mastroianni un très joli duo féminin :synthèse vibrante de la complexité faite femme.
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