Il ya des lundis matins comme ça où la vie a décidé d’être généreuse avec les pauvres mortels que nous sommes.
Des lundis à en oublier le froid glacial, la baisse du pouvoir d’achat, la croissance qui ne vient pas (vous remarquerez que - par décence - je ne vais pas jusqu’à évoquer les sans-abris, les mal-logés et autres crève-la faim, les otages divers et avariés, les dictateurs en goguette sur le sol français…).
Moi, ce lundi, contre toute attente, je ne me suis pas réveillée dans mon Hôtel particulier coutumier.
Je suis sortie des bras de Morphée dans les draps satinés du Château de la Belle au Bois dormant.
Mon corps reposait sur un majestueux coussin à festons irisés quand Donald est entré pour me servir un café en faisant coin-coin.
Par la fenêtre décorée de rideaux volantés, j’ai aperçus Mickey et Minnie qui répétaient leur numéro de claquettes emmitouflés dans de jolies doudounes fourrées.
J’ai petit-déjeuné un peu trop copieusement et me suis rendormie après avoir avalé ma cinquième brioche dorée.
Puis – oh surprise divine ! - je me suis réveillée sous le feu d’un baiser ; au-dessus de mon visage un peu nauséeux se tenait un homme, ou plutôt un petit homme, oui c’est ça : un petit homme au sourire crispé.
Il semblait inquiet, comme figé dans l’attente ; il attendait qu’enfin je le
reconnaisse.
Il me disait bien quelque chose mais… J’ai essaye de lister les hommes de ma connaissance : Ken ? Quasimodo ? Peter Pan ?
Rien à faire : ça ne collait pas avec cet homme-là
Je savais inconsciemment qu’il fallait que je me donne deux ou trois claques, que ça ne pouvait pas être un état normal un lundi matin après un week-end d’une sobriété parfaite.
Et c’est là que j’ai compris : cette année – par ma volonté capricieuse - le lundi 24 décembre avait été avancé d’une semaine et l’homme qui se tenait devant moi était le cadeau que j’avais entouré quatre fois sur ma liste : un Nicolas !
Un beau Nicolas rien que pour moi.
Merci papa Noël !
Signé : Ta Carla.
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