J’ai ressorti la boule à facettes.
Je l’ai posée dans l’encadrement de ma fenêtre sur rue, derrière mon écran avec vue sur l’autre monde.
Elle miroite à nouveau en ce début d’après-midi ensoleillé.
Voici deux semaines que la maison n’a pu connaître cette torpeur, ce silence que je chéris autant que la rumeur de ceux que j’aime.
Je goûte ce plaisir (im)parfait de ne –presque- rien faire, oscillant entre mélancolie de jeu et esprit de projet.
J’ai pensé ne plus écrire sur ces pages, jouer les « à quoi bon ? » et puis j’ai lu –à nouveau- certains de ceux qui m’honorent de leur visite et l’envie est revenue, comme la faim revient même après les festins, comme la soif aussi, même si l’on a trop bu.
De bulles en bulles, de billets en billets, de bals en ballets. Je cherche les effets, bénis ce désœuvrement des heures qui viennent.
J’entends d’ici les âmes gentiment railleuses qui me moqueront d’avoir trop dansé et d’être aujourd’hui un peu triste et lasse, assez pour valser entre le « oui » et le « peut-être » et pour m’amuser des miroirs à facettes.
Mais je ne suis pas d’humeur rieuse. La boule est une pose.
Je pense au Rivage, au Château de M. Gracq.
« Au milieu même de la longue nuit de décembre, par les escaliers déserts, par les salles désertes, aux flambeaux éteints, aux flambeaux renversés, il quitta le château sous l’habit du voyageur. »
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