Il n’y a pas de musique sur ce blog.
Pourtant je ne peux imaginer mon monde sans musique, sans cette pulsation primitive qui habite toutes les civilisations, sans ce jaillissement qui se nourrit de toutes les traditions et de toutes les révolutions.
Vibration aux variations infinies déclinées sur le mode vie.
Voyage au croisement de mélanges improbables.
Dialogue constant et renouvelé dans l’infini des cultures musicales.
Alors ?
Instinctive dans mes choix musicaux, je me sens trop inculte en la matière pour soliloquer sur la valeur de tel ou tel album, le talent de tel ou tel artiste. Elire ? Choisir ? Je ne peux m’y résoudre.
Cela me protège un peu des préjugés ou des réflexes élitistes. J’aime ou je n’aime pas.
Les sons traversent le quotidien et parfois un miracle se produit : ils transfigurent une parcelle de temps. Car un seul titre musical a ce pouvoir de figer un instant T dans une bulle émotionnelle indestructible. Il suffira de réentendre ce même titre – quelquefois plusieurs dizaines d’années plus tard - pour replonger dans l’émotion de ce moment et en retrouver toutes les nuances.
Merveilleuse mémoire du corps.
La musique ravive ce que le corps, la peau et l’ossature peuvent enregistrer. Elle trouve son origine dans l’expérience fœtale et reste attachée à ces premiers pas de l’expérience humaine. Il faut voir comme un tout petit sait danser ; le plaisir qu’il prend à bouger, à se balancer, à vivre corporellement la musique.
C’est ainsi qu’elle touche plus directement, plus largement, plus universellement que la littérature.
Il y aurait pourtant un roman à écrire.
La vie d’un homme ou d’une femme à travers –disons- cent titres musicaux.
Difficile. Quelle généalogie sans fin ! Car il faudrait aussi faire revivre la musique du père, de la mère, des ancêtres, des enfants… Pourtant, quelle richesse universelle et unique que ces vies traversées – dans tous les milieux du monde- par une voix, un rythme, des sons qui donnent sens à un état du corps, de l’âme, à un état de soi dans le monde.
Sourds collés aux trépidations de la terre mère, aveugles arrimés au clavier : autant de clichés qui rappellent combien il est nécessaire de cultiver cet art des sens.
Il faudrait bien sûr écrire un roman qui ne renierait aucun titre honteux, aucune petite aux allures mutines, aucun bellâtre aux intonations de crooner dans cette histoire d’oreilles, de corps et de cœur habités. D’Emilie Jolie à Julien Doré !
C’est sans doute déjà fait.
D’ailleurs, aujourd’hui, grâce à l’internet, la playlist est devenue une autre manière de se raconter…
Une sorte de « j’écoute donc je suis ! » à portée de tous.
A consommer sans modération !
(site web)
le: 07/02/2008 20:42:06
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