On se moque à tort des mots
échangés autour de la pluie et du beau temps en y voyant une fade manière de le tuer – ce maudit temps qui passe et qui veut que l’on trépasse-. Comme tout le monde, je m’énerve parfois des
péroraisons sur les variations du climat, les « Ah ma bonne dame ! Le printemps n’a pas l’air décidé à arriver ! ». Pourtant, je ne peux m’empêcher d’y voir une tentative (oh
combien) humaine, tristement désespérée mais finalement très attendrissante, de s’ancrer dans le jour donné, d’arrimer ses pieds à la terre (parfois à la flaque d’eau !), et de tourner ses
yeux –obstinément interrogateurs- vers l’infini.
Peut-être que cela revient à ça -parler de la pluie et de beau temps- : accepter sa condition de mortel, d’infime poussière balayée par les vents, illuminée par les premiers soleils ou encore anéantie sous la mitraille des giboulées.
Ce mortel-là abreuvé de technologies et de progrès a bien peu de poids face aux dieux météo ; ils l’obligent à ouvrir son Almanach intérieur, à étudier son calendrier existentiel. Ils le contraignent à se remémorer les mots de l’arrière grand-père – celui qui vivait de la terre, qui en dépendait totalement, mortellement-, à se rappeler les proverbes désuets d’une grand-mère, et à se raccrocher à l’élément sensoriel : il fait froid, il fait chaud, humide, sec, beau, mauvais…
Le temps parfois dicte son humeur.
Son humeur –parfois- le conduit à oublier le temps : le temps qu’il fait, le temps qui passe, le temps perdu en malheurs ou en futilités. Il se détache, il se désancre.
Mais attention Mars attaque ! (Oui je sais, c’est un peu facile !)
Mars et ses giboulées.
Dieu clément aujourd’hui, impitoyable demain.
Alternance d’averses et d’éclaircies.
Un mois à jouer sur le mode temps- uniquement-.
Un jour dehors à goûter le timide rayon, le pépiement des oiseaux, le parfum des premières floraisons.
Un jour dedans à ressasser son envie de soleil, de corps dénudé, de pieds nus dans l’herbe coupée.
Un jour, bien dans ses bottes, les mains dans le gras, le lourd de la terre du jardin à cultiver.
Un autre, la tête dans le foyer des ultimes bois à brûler, à travailler…
… l’idée que l’on se fait du bruit du vent,
De la courbe du temps.
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le: 07/04/2008 21:30:34
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le: 09/05/2008 16:41:14
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