Je me suis réconciliée avec Samuel Benchétrit.
Je sais que ça ne fera pas la couverture de Gala et que le Samuel en question se moque pas mal de se réconcilier avec toutes les femmes (im)parfaites de la terre. Mais tout de même.
Pourquoi étais-je fâchée avec Sam?
Sans doute parce que je le trouvais trop beau (arrogant),
trop célèbre (surtout pour de mauvaises raisons), trop « homme à femmes »
(façon Lucien de Rubempré) et surtout trop rebelle.
[Sous le prétexte fallacieux d’être né en banlieue, le brun ténébreux aime à s’ériger en défenseur passionné de celle-ci mais se trouve vite à court d’augments face
à ses contradicteurs (je pense à une altercation sur direct 8 avec Alain Finkielkraut). ]
Evidemment, ce « trop » était le fruit de l’impression cathodique, l’essence frelatée du personnage médiatique, car je n’ai jamais rencontré l’homme ni même lu ses oeuvres auto-fictives (Chroniques de l’asphalte, Récit d’un branleur).
Vous imaginerez donc aisément que lorsque j’ai vu l’affiche de son dernier film, une sorte d’iconographie adolescente à la provocation
gratuite, je me suis juré de ne pas aller voir le dernier opus de Samy.
J’ai eu tort. Car finalement j'ai vu J’ai toujours rêvé d’être un gangster. Et il en résulte qu’on peut oublier l’affiche, effacer "l’affreux" personnage médiatique décrit ci-dessus et passer un bon moment devant ce film-révérence.
Car Samuel Benchétrit est finalement un type très classe, capable d'esquisser une gracieuse révérence en hommage au cinéma
qui l'a précédé et élevé (le muet, le film noir, les films italiens des 60'), capable de faire un film de gangsters d'une douceur insoupçonnée, capable encore d'écrire des partitions ciselées à
des acteurs expérimentés (le génial Edouard Baer bedonnant, l'inimitable Jean Rocheford, le fantastique Laurent Terzief).
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