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Jeudi 3 avril 2008

 


Je me suis réconciliée avec Samuel Benchétrit.

Je sais que ça ne fera pas la couverture de Gala et que le Samuel en question se moque pas mal de se réconcilier avec toutes les femmes (im)parfaites de la terre. Mais tout de même.

Pourquoi étais-je fâchée avec Sam?

Sans doute parce que je le trouvais trop beau (arrogant), trop célèbre (surtout pour de mauvaises raisons), trop « homme à femmes » (façon Lucien de Rubempré) et surtout trop rebelle.
[Sous le prétexte fallacieux d’être né en banlieue, le brun ténébreux aime à s’ériger en défenseur passionné de celle-ci mais se trouve vite à court d’augments face à ses contradicteurs (je pense à une altercation sur direct 8 avec Alain Finkielkraut).
]

Evidemment, ce « trop »  était le fruit de l’impression cathodique, l’essence frelatée du personnage médiatique, car je n’ai jamais rencontré l’homme ni même lu ses oeuvres auto-fictives (Chroniques de l’asphalte, Récit d’un branleur).

 


Vous imaginerez donc aisément que lorsque j’ai vu l’affiche de son dernier film, une sorte d’iconographie adolescente à la provocation gratuite, je me suis juré de ne pas aller voir le dernier opus de Samy.

J’ai eu tort. Car finalement j'ai vu J’ai toujours rêvé d’être un gangster. Et il en résulte qu’on peut oublier l’affiche, effacer "l’affreux" personnage médiatique décrit ci-dessus et passer un bon moment devant ce film-révérence.

Car Samuel Benchétrit est finalement un type très classe, capable d'esquisser une gracieuse révérence en hommage au cinéma qui l'a précédé et élevé (le muet, le film noir, les films italiens des 60'), capable de faire un film de gangsters d'une douceur insoupçonnée, capable encore d'écrire des partitions ciselées à des acteurs expérimentés (le génial Edouard Baer bedonnant, l'inimitable Jean Rocheford, le fantastique Laurent Terzief).



J'ai toujousr rêvé... n'est pas un chef-d'oeuvre mais une micro- construction dans laquelle le réalisateur se plaît à louer la beauté de son aimée (la brune madone Anna Mouglalis qui ressemble -si, si, c'est vrai- à ma petite soeur!), l'élégance des losers, la magie des lieux laids.
En dépit de quelques longueurs, le charme opére ; on rit; on s'enchante des rapprochements opérés par chacune des quatre scènes du film (en particulier du duo Arno-Bashung) ; on renoue avec l'écrin noir et blanc qui donne à la lumière toute sa valeur.
On apprécie enfin et surtout que la dérision règne en toute majesté car -se dit-on- la dérision suppose l'auto-dérision (adieu spectres de l'arrogance et de l'arrivisme). Elle se révèle en tous cas comme le seul et unique remède au tragique du bitume, du fast-food, et du rond-point ravageur.
Une bien jolie chronique de l'asphalte empreinte de la mélancolie des yeux noirs d'une Anna.

 

 

 

par Auteur(e) publié dans : Cinéma communauté : Apprendre et découvrir
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  • : Les trentenaires sont sous le prisme des médias ; on ne compte plus les comédies racontant les heurs et malheurs de ces vieux ados cherchant vainement leur inscription dans le monde. J'ai donc décidé d'apporter ma pierre à la construction de cet édifice vacillant : l'identité d'une trentenaire. Sans miroir déformant, j'y déposerai des reflets de mon MOI (im)parfait, j'y livrerai quelques conseils pour une vie dorée, j'y ferai entendre l'écho de mon petit monde, version sucrée ou salée.
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