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Vendredi 16 mai 2008

Elle était
Blanche et nue

Sur le lit défait,

Abandonnée dans l’ultime pose

Des courbes fantasmées

 

It’s just a pose, ‘cause my baby knows

That my heart belongs to daddy.

 

D’un haussement d’épaule

Elle jouait l’épiloque et le prologue

du sacrifice au sex-appeal mondialisé ;

ironisant enfin

d’un coup de tête platine

à faire vibrer tous les ukulélés.

 

Some Like It hot

Some like It Hot.

 

Blonde et laiteuse

Dealeuse de sugar cane

Et de désir susurré.

 

Pâle colombe,

grisée

De cachets sous décolleté.

 

Elle s'était crue vivante sous le blanc

De la jupe aux plis repassés.


Mystérieuse et transparente,
habillée de bulles
et de draps froissés.


Eternelle et vraie
dans la crudité
des derniers clichés.

Avec ce Champagne aux coins des yeux

Pour noyer la peine des inadaptées.

 

 

 

par Auteur(e) publié dans : Cinéma communauté : Interlignes
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Jeudi 3 avril 2008

 


Je me suis réconciliée avec Samuel Benchétrit.

Je sais que ça ne fera pas la couverture de Gala et que le Samuel en question se moque pas mal de se réconcilier avec toutes les femmes (im)parfaites de la terre. Mais tout de même.

Pourquoi étais-je fâchée avec Sam?

Sans doute parce que je le trouvais trop beau (arrogant), trop célèbre (surtout pour de mauvaises raisons), trop « homme à femmes » (façon Lucien de Rubempré) et surtout trop rebelle.
[Sous le prétexte fallacieux d’être né en banlieue, le brun ténébreux aime à s’ériger en défenseur passionné de celle-ci mais se trouve vite à court d’augments face à ses contradicteurs (je pense à une altercation sur direct 8 avec Alain Finkielkraut).
]

Evidemment, ce « trop »  était le fruit de l’impression cathodique, l’essence frelatée du personnage médiatique, car je n’ai jamais rencontré l’homme ni même lu ses oeuvres auto-fictives (Chroniques de l’asphalte, Récit d’un branleur).

 


Vous imaginerez donc aisément que lorsque j’ai vu l’affiche de son dernier film, une sorte d’iconographie adolescente à la provocation gratuite, je me suis juré de ne pas aller voir le dernier opus de Samy.

J’ai eu tort. Car finalement j'ai vu J’ai toujours rêvé d’être un gangster. Et il en résulte qu’on peut oublier l’affiche, effacer "l’affreux" personnage médiatique décrit ci-dessus et passer un bon moment devant ce film-révérence.

Car Samuel Benchétrit est finalement un type très classe, capable d'esquisser une gracieuse révérence en hommage au cinéma qui l'a précédé et élevé (le muet, le film noir, les films italiens des 60'), capable de faire un film de gangsters d'une douceur insoupçonnée, capable encore d'écrire des partitions ciselées à des acteurs expérimentés (le génial Edouard Baer bedonnant, l'inimitable Jean Rocheford, le fantastique Laurent Terzief).



J'ai toujousr rêvé... n'est pas un chef-d'oeuvre mais une micro- construction dans laquelle le réalisateur se plaît à louer la beauté de son aimée (la brune madone Anna Mouglalis qui ressemble -si, si, c'est vrai- à ma petite soeur!), l'élégance des losers, la magie des lieux laids.
En dépit de quelques longueurs, le charme opére ; on rit; on s'enchante des rapprochements opérés par chacune des quatre scènes du film (en particulier du duo Arno-Bashung) ; on renoue avec l'écrin noir et blanc qui donne à la lumière toute sa valeur.
On apprécie enfin et surtout que la dérision règne en toute majesté car -se dit-on- la dérision suppose l'auto-dérision (adieu spectres de l'arrogance et de l'arrivisme). Elle se révèle en tous cas comme le seul et unique remède au tragique du bitume, du fast-food, et du rond-point ravageur.
Une bien jolie chronique de l'asphalte empreinte de la mélancolie des yeux noirs d'une Anna.

 

 

 

par Auteur(e) publié dans : Cinéma communauté : Apprendre et découvrir
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Vendredi 21 décembre 2007

graine-et-mulet.jpg


Quittons les tristes sires qui nous gouvernent pour regarder du côté de ceux qui nous enchantent. 
En un mot : courrez voir "La graine et le mulet", le dernier film d'Abdellatif Kechiche, en ce moment sur vos écrans!

Je n'en dirai rien si ce n'est que mon engouement est sans réserve : touchant sans mièvrerie, cultivé sans pédanterie, intelligent sans mépris. 
Abdellatif Kechiche a ce talent incroyabe de réussir un film sur la famille, la société, l'exil, la transmission, l'amour avec une justesse de ton, une simplicité, une honnêteté rares. Il y aurait beaucoup à en dire mais je ne veux pas que le discours se substitue à l'oeuvre de ce réalisateur de talent qui filme au coeur de l'humain, qui se place tout contre : au plus près des visages et des corps qui rient, qui gueulent, qui souffrent, qui s'aiment, s'effondrent... 
Généreux, populaire dans le bons sens du terme, tout simplement magnifique.

Un cinéma qui unit quand d'autres ne pensent qu'à diviser. Respect.

par Auteur(e) publié dans : Cinéma communauté : Apprendre et découvrir
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Mardi 13 novembre 2007
Pour poursuivre les développements promis, je choisis, dans le désordre, l'assertion suivante :

J’ai vu trois films.
persepolis.jpg

 

Persepolis, réalisé par Marjane Satrapi d’après sa BD.

Film animé ; avec les voix de Chiara Mastroianni, Catherine, Deneuve, Danielle Darrieux.

Cru sans être cruel, tragique et drôle à la fois, le film retrace la vie de Marjane de six à 23 ans. 
Un parcours émouvant et cocasse qui débute à Téhéran en 1978, à la chute du Shah d’Iran et qui relève plutôt du saut d’obstacles impossibles : comment survit-on à une révolution, à une guerre, à la disparition des êtres chers quand on est une petite fille ? Puis comment accepter les contraintes d’un Islam tout puissant quand on devient jeune fille ? Et comment se résout-on  à un exil en terre inconnue à l'heure où l'on devient femme ? 
Ce sont toutes ces questions que Marjane Satrapi parvient à illustrer avec beaucoup d’humour et d’amour. De l’amour pour les femmes qui l’ont guidée (je pense à la verve incomparable de sa grand-mère ou à la lucidité de sa mère), pour les pays qui l’ont accueillie et finalement aussi pour sa terre natale. De l’humour, de l’amour, le film en regorge ; mais aussi du talent car de la BD au film, les dessins semblent avoir gagné non seulement en force argumentative, mais aussi en poésie.

heure-z--ro.jpg

 

L’heure zéro , réalisé par Pascal Thomas

Avec Melvil Poupaud, Laura Smet, Chiara Mastroianni, François Morel, Danielle Darrieux.

Imaginez un sombre manoir néo-gothique qui se dresse au-dessus de la baie de Dinard, une vieille dame vaguement opiomane et une réunion de famille un peu spéciale. Voici réunis tous les ingrédients d’un polar à la manière d’Agatha Christie.

Survient donc un crime ; des suspects et des mobiles se bousculent au portillon : reste à trouver un enquêteur en la personne de M.  François Morel (un M. Tati en vacances mâtiné d'Hercule Poirot) et biensûr un criminel un peu inattendu.

Vous obtenez : un joli numéro d’acteurs, un décor franco-anglais des plus parfaits et un huis-clos bien huilé. On batifole moins que dans Le grand appartement précédent mais on passe néanmoins un bon moment car le plaisir de jeu des acteurs est communicatif.

r--ve-de-cassandre.jpg

Le rêve de cassandre, de Woody allen.

Avec Ewan mC Gregor, Colin Farell.

Troisième volet de la trilogie anglaise d’un Woody Allen plus acide que jamais.

Sur un coup de cœur et par nostalgie de lointaines vacances passées en compagnie d’un oncle fortuné, deux frères fauchés s’offrent un voilier qu’ils baptisent « Cassandra s’dream ». 
Mais le choix s’avère de mauvais augure et la mécanique implacable de la fatalité s’abat sur ces deux êtres qui avaient des rêves trop grands pour eux. La tragédie grecque et le drame shakespearien, remaniés à la sauce Allen : l’intrigue est sans surprise mais l’étude des personnages est d’une grande justesse. On ne peut qu'applaudir à la direction d’acteurs et au choix d’un Colin Farell, parfait dans un rôle à contre-emploi.

 

Mention spéciale :
danielle-darieux.jpg
Pour continuer mon éloge des vieilles dames indignes,

j'ajouterai un mot sur Danielle Darieux car ce mythe vivant du cinéma français m'a enchantée d'un film à l'autre. J'avais déjà apprécié son côté décalé, ironique et caustique dans Huit Femmes de Ozon mais j'ai découvert dans Persepolis une palette de jeu plus sensible encore.
Elle y est tout à la fois truculente et touchante en grand-mère de Marjane Satrapi. Et elle offre par sa présence vocale une véritable ode à la transmission entre femmes. L’épisode du jasmin (ceux qui ont vu, ou verront le film comprendront) est des plus émouvants. 
Dans l’Heure zéro, manipulatrice et manipulée, caustique et vulnérable, elle est une vieille dame lumineuse qui n’a rien perdu de son charme vénéneux. 
Elle forme avec Chiara Mastroianni un très joli duo féminin :synthèse vibrante de la complexité faite femme.

 

 

par Auteur(e) publié dans : Cinéma communauté : Apprendre et découvrir
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Mardi 9 octobre 2007

affiche-control.jpgControl…She’s lost control, griffonne un soir Ian Curtis, dans sa maison de Macclesfield. 
Parle-t-il de sa femme Deborah ? De sa maîtresse Annick ?  Ou en définitive de lui-même ?

C’est guidé par ces questions que le réalisateur de Control s’est penché sur les quatre dernières années de vie de Ian Curtis, chanteur charismatique du groupe Joy Division.

 

Un homme, deux femmes - c’est une histoire banale en somme que celle que nous raconte Anton Corbijn, célèbre photographe de la scène rock et réalisateur du film Control ; une histoire qui lui permet cependant de s’affranchir des codes du rock biopic classique.

Fan de la première heure – il aura quitté son Hollande natale pour se rapprocher du groupe – Anton Corbijn aurait pu se contenter de raconter l’ascension de Warsaw, le groupe rebaptisé par Ian Curtis lui-même Joy Division, en focalisant son attention sur la partie musicale de la vie de celui-ci. Il en aurait peut-être été ainsi si Ian, parolier et chanteur habité de Joy Division ne s’était donné la mort, trois ans après la naissance du groupe et la veille d’un départ pour une tournée aux Etats-Unis. Cette fin tragique lui aura imposé un autre film,  centré sur Ian, son talent, ses troubles, son énigme aussi.

Par la grâce de Sam Riley, Ian Curtis est là : beau brun ténébreux à l’allure androgyne - moue féminine, regard noirci au khôl, torse nu sous le blouson de fourrure-, adolescent qui écrit, lis Wordsworth, et écoute –fasciné- le Bowie du Ziggy Stardust et Iggy Pop. Un adolescent qui épouse trop tôt Deborah, son premier amour, voit sa carrière s’envoler en quelques mois, mais aussi son corps l’abandonner – en proie à la maladie -. Les concerts pourtant se multiplient. Sur scène, l’énergie sauvage et magnétique du chanteur, sa voix grave, sa sarabande hypnotique aux saccades d’épileptique bousculent et subjuguent. Un autre amour naît de cet embrasement des concerts mais le sens, le sens de la trajectoire s’est effacé. Ian Curtis perd le contrôle.

Anton Corbijn redessine finalement le chemin d’un jeune homme rattrapé par sa soif d’absolu autant que par ses choix ; le chemin d’une âme pure qui refuse l’âge adulte - non par lâcheté - mais parce que cet âge suppose de trahir ses idéaux, d’accepter les petits arrangements avec la vie et de tourner le dos à la lumière.

Car lumineux le film l’est. Les personnages baignent dans une opalescence propre à cet âge de tous les possibles et on croit un temps que rien ne saura éteindre cette pureté originelle : ni les parents murés dans une tristesse sourde, ni les murs gris et crasseux de cette ville du nord de l’Angleterre, ni la maladie qui ravive le froid et la nuit.

Mais le choix par le réalisateur d’un noir et blanc très contrasté permet de traduire visuellement l’alternance de plus en plus accentuée entre le lumineux et le sombre. Ainsi, la scène de demande en mariage, presque inaugurale, est  tournée dans un pré baigné de soleil qui rappelle certains Renoir ou Tarkovski. Seuls au monde dans cette campagne anglaise d’un romantisme intemporel, Ian et Debbie font le pari de l’amour éternel, aveuglés comme on peut l’être à cet âge par les nouveaux commandements du corps et le mépris du temps.

Puis très vite, la nature cède la place aux scènes d’intérieur : l’air se raréfie, la lumière se fait artificielle et l’esprit se perd peu à peu. Les salles de concert opposent naturellement le contraste entre l’exposition excessive de la star montante et l’ombre qu’impose l’épuisement du corps de l’artiste, ce balancement obligé entre l’exceptionnel et le banal.     

L’une des autres réussites du film est sans conteste son rythme ; le réalisateur échappe au principal travers des rock biopic, en instaurant comme principes de narration, la linéarité et la lenteur. C’est d’autant plus marquant que la carrière de Joy Division fut paradoxalement aussi courte que fulgurante. Il met le spectateur face à la réalité temporelle de la vie d’un groupe de musiciens en proie à des variations absolues : entre vie quotidienne des plus communes et épiphanies des tournées. Ainsi, Ian Curtis, marié et père de famille, passe d’abord aisément de la scène à son statut d’employé dans un centre d’aide à la recherche d’emploi. Cette manière qu’a Anton Corbijn de retracer le quotidien de Ian Curtis, permet en outre d’expliquer en partie comment le succès, l’engouement qu’il a suscité, a peu à peu brûlé les ailes du jeune homme: « Se rendent-ils compte de tout ce que je donne sur scène ? » s’interroge-t-il peu avant la fin.

Il faut ajouter que le réalisateur filme le personnage comme un admirateur plein de respect et non comme un fan vorace. Il fait revivre Ian Curtis sans jamais lui ôter la part de mystère qui fait de lui un artiste et non un sujet commercial. C’est indéniablement une des qualités du film que ce regard aimant, à la fois proche et distancié. C’est en même temps une de ses lacunes : il manque souvent des clés – familiales en particulier-  pour comprendre l’homme que fut Ian Curtis. Mais est-il indispensable de comprendre et d’expliquer ?

La distribution, forcément délicate dans ce type de film, est à l’image du respect qu’Anton Corbijn  garde pour Ian et Deborah Curtis. Sam Riley, beau gosse pâle aux faux airs de Pete Doherty (dramatiquement séduisant) est d’une grande justesse. Face à lui, Samantha Morton et Alexandra Maria Lara (sa petite amie du moment !) dosent avec talent les émotions qui traversent cette vie qu’on regarde « peut-être au bord de la noyade ».

                  

 

Ecoutez ou réécoutez Joy division (sur Deezer par exemple) : She’s lost control biensûr, Love Will Tear Us Apart, Transmission, Dead Souls, Isolation, Warsaw (1er nom du groupe)…

 

 

 

par Auteur(e) publié dans : Cinéma
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Vendredi 21 septembre 2007

18775415-copie-1.jpgHier soir, 21 heures rendez-vous pris pour aller voir le dernier Chabrol : La fille coupée en deux, critique féroce d'une faune égarée de people lyonnais ; mais, une fois plongées dans l'obscurité de notre salle de ciné art et essais, le projectionniste vient nous annoncer que la séance n'aura pas lieu pour cause de panne de l'appareil de projection...  Il ne reste donc plus qu'à nous rapatrier dans la seule et unique autre salle qui, selon notre voisine de fauteuil, propose une "bluette" de qualité : Waitress. Le type du guichet est moins tendre : "Waitress? Ouais...une sorte de comédie sentimentale américaine ; en tous cas, moi j' l'ai pas vu." ; sous-entendu : "faites ce que vous voulez ; moi je n'engage pas ma crédibilité de guichetier d'un ciné art et essais sur un choix pareil." Très vendeur. 
Dépitées d'abandonner le trio à la perversité virtuose Magimel-Sagnier- Berléand, nous nous rabattons cependant sur le trio Shelly-Russel-Hines (dixit l'affiche) rassurées d'apercevoir une sélection du dit film aux derniers festivals de Sundance et Deauville.
Le film met en scène une adorable Jenna (Keri Russel), serveuse au Joe'Diner dans un uniforme bleu pervenche des plus coquets, éminente spécialiste de la "tarte-émotion" dans ce traditionnel Diner du Sud des Etats-Unis. 
Qu'est-ce que le concept de la "tarte-émotion"? Une manière pour la belle Jenna de traduire tous les tressaillements de son corps et de son coeur par l'invention d'un nouvel american pie. Elle hait son mari - un espèce de névropathe  qui la tient sous son joug- alors en avant la pâte brisée et les fruits écrabouillés (tarte "je vais le tuer"), elle tombe enceinte de lui, ne veut pas du bébé (tarte "je suis une mauvaise mère"), elle est amoureuse de son gynécologue (tarte "coup de foudre")... 
Le tout se veut sucré, léger avec une pointe d'amertume quand il s'agit de la confiance que l'on peut accorder aux hommes. L'univers est féminin ; c'est celui de la transmission mère-fille à la chaleur du fourneau car -débarrassée de son mari et de son amant - Jenna, mère finalement heureuse d'une petite Lulu, clame une vérité très post-féministe : se détournant des hommes, elle choisit la liberté entre femmes, avec sa fille et ses copines du Diner. 
Le film emprunte beaucoup au conte, Jenna étant un mélange de Cendrillon (transformée par l'amour puis par la maternité comme par magie) et de Peau d'Ane (variations sur les tartes en chanson) mais un conte actuel qui finit par évincer le prince charmant (il est marié!). Waitress relève davantage de la popotte entre copines que du coup de génie culinaire ; il propose un portrait de femme en sucre qui réussit à choisir sa vie. Le propos n'est pas ambitieux mais l'émotion perce parfois et certaines scènes font sourire, en particulier celles qui mettent en présence la pâtissière et son gynéco, grand amateur de serveuse (fantasme prépubère) et de sauce chocolat (suivre le mode d'emploi : comment préparer une tarte en duo d'une manière éminemment sensuelle...). 
Jenna est épaulée par ses copines-collègues dont l'une est interprétée par la réalisatrice elle-même, Adrienne Shelly, parfaite dans le rôle de la serveuse en mal d'amour. On a peine à imaginer que depuis la réalisation de  son film, Adrienne Shelly, malicieuse frimousse du cinéma américain, a été assassinée, à New York, par un jeune homme de 19 ans. 
C'est finalement avec ce bonbon acidulé et coloré (on peut penser à la palette de couleurs du Magicien d'Oz) qu'elle aura fait ses adieux prématurés telles, en image de clôture du film, Jenna et Lulu, toutes deux de jaune vêtues, saluant de la main le spectateur attendri -ou agacé- et s'éloignant sur un chemin verdoyant. Naïf ou niais? Le spectateur choisira. Un bon contre-Chabrol en tous cas. Peu de noirceur dans tous ça mais du rose, du vert tendre, du jaune d'or, du Martine fait des gâteaux, Alice tombe amoureuse et Adrienne sourit.

par Auteur(e) publié dans : Cinéma
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  • : Femme (im)parfaite mode d'emploi
  • femme-im-parfaite-mode-d-emploi
  • : littérature Femme Cinéma Ecriture culture societe
  • : Les trentenaires sont sous le prisme des médias ; on ne compte plus les comédies racontant les heurs et malheurs de ces vieux ados cherchant vainement leur inscription dans le monde. J'ai donc décidé d'apporter ma pierre à la construction de cet édifice vacillant : l'identité d'une trentenaire. Sans miroir déformant, j'y déposerai des reflets de mon MOI (im)parfait, j'y livrerai quelques conseils pour une vie dorée, j'y ferai entendre l'écho de mon petit monde, version sucrée ou salée.
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