Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Créer un Blog

Recherche

Commentaires Récents

Cinéma

Lundi 19 octobre 2009


         C’est sur une autre côte que mon rivage normand que se déroule l’intrigue de Mères et filles, le dernier film de la jeune réalisatrice Julia Lopes-Curval.

         Pourtant ce décor de station balnéaire désuète m’est très familier. Sa mélancolie lancinante, ses fastes d’un autre temps fascinent les éternelles rêveuses passionnées de passé.

         Et ainsi arrive Audrey, la Fille, le passé en poche (délicate et subtile Marina Hands). Elle est la fille unique d’une femme raide et froide (Deneuve). Une fille qui cherche à comprendre, dont toute l’énergie est employée à ça : comprendre.

          Qui est sa mère ? Une énigme. Alors elle cherche plus loin, plus haut dans la lignée. Qui était sa grand-mère (Marie-Josée Croze) ? Une femme au foyer élégante qui abandonna définitivement mari et enfants?

         Audrey a cette fureur du savoir parce qu’elle ne peut choisir d’être telle ou telle en avançant dans les brumes de cette histoire de femmes. Car c’est encore et toujours une histoire de femmes imparfaites que raconte ici la réalisatrice. Elle évoque des prisonnières de ce balancement éternel : devenir mère ou faire autre chose, être autre chose.

         La réalisation est pleine de nuances et juxtapose de manière fine les trois regards, ces trois époques, ces trois modes de vie. Julia Lopes Curval semble à cet égard avoir choisi l’angle des arts ménagers comme si la cuisine pouvait condenser les bonheurs et leurs contraires : les mets préparés pour ceux qu’on aime bien sûr mais aussi le design ménager, ces beaux objets rutilants qui devaient libérer la femme de l’esclavage domestique…

         La cuisine symbolise ici l’enfermement continu dans l’impossible choix : être du dedans (mère, épouse, femme de la maison) ou être du dehors (salariée, libérée, adultère peut-être…).

         La distribution spatiale est en ce sens assez efficace. Car la fille est de trois lieux : la cuisine, la chambre, la plage. Mais aucun ne l’y retient complètement. Question d’époque.

         Et pourtant, cette liberté nécessaire est aussi sa souffrance : elle n’appartient pas à un lieu – elle est d’ailleurs étrangère - elle n’est redevable de personne. Elle n’est pas attachée. Si ce n’est à ce fantôme d’une femme disparue.

         Elle finit par comprendre, par savoir ce qui est arrivé à Louise, sa grand-mère. La réalisatrice aurait d’ailleurs pu faire l’économie de ce dénouement trop explicite.

         Peu importe finalement pour le spectateur que le mystère soit levé, seul compte le cheminement d’une femme prise dans les rets du  passé, flottant dans des vêtements trop grands pour elle. Une femme qui ausculte les variétés de gris et de bleus des ciels de bords de mer.

Par Maude
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Lundi 7 septembre 2009


     Souvenez-vous : ça se passait près de chez moi dans le 14ème, le tournage du sixième film de Christophe Honoré. Je relatai dans un billet daté du 6 novembre 2008 mon espoir déçu (de midinette vieillissante) de croiser quelques membres de la belle distribution du film : Chiara Mastroianni, Marina Foïs, Marie-Christine Barrault, Jean-Marc Barr, Louis Garrel…

      Le film marquant dans les médias la rentrée ciné de septembre, je me devais de faire garder mes petits par un membre de la famille et de virevolter jusqu’au cinéma le plus proche

     36 ans, deux enfants et cette quête d’accomplissement de soi en bandoulière : l’identification ne semblait pas difficile car Léna – le personnage principal interprété par Chiara Mastroianni – est cette trentenaire tourmentée, cette femme (im)parfaite qui peine à construire ou s’emploie à déconstruire, qui refuse les compromis avec le banal, le quotidien, l’habitude, les trahisons d’une vie de couple désormais derrière elle.

     Mère de deux enfants qu’elle trimballe au gré de ses tourments, elle sort blessée d’un divorce (Jean-Marc Barr en mari) et ne se voit pas encore maîtresse d’un autre homme (Louis Garrel, l’amant potentiel). Elle cherche un refuge dans sa Bretagne natale mais tombe sous le joug des pressions familiales : mère, sœur, frère et père la renvoient à ses manquements, ses erreurs, son devoir de mère et d’épouse.

     Léna est attachante et insupportable : on l’infantilise, elle joue l’enfant, fait claquer des portes, gambade jambes nues dans la rosée matinale par rejet des commandements maternels, cherche constamment l’équilibre sur une corde raide. Elle veut changer, d’air, d’homme, de boulot mais garder ses enfants, les aimer, même mal, même trop et par rafales. Elle veut s’inventer hors des rails des générations passées, loin du modèle de la mère, mais le peut-elle ?

     Non, ma fille est d’abord l’histoire d’une femme, unique dans sa démarche et dans sa névrose mais le film pose aussi une question de société : qu’est-ce qu’être une femme, une mère en 2009 ? Quelles réelles libertés ont été conquises depuis la trop légendaire libération féminine ? Quels interdits, quelle culpabilité ancestrale – inscrite dans les légendes bretonnes- repose aujourd’hui encore sur les femmes ? Film d'une génération de femmes aussi, la mienne, qui a cru naïvement que tout était possible, que tout était à vivre et qui réalise que la vie est le résultat de choix, donc de renoncements. Génération perdue, paumée, sans grande idéologie pour phare et qui tisse ses valeurs dans les brumes du quotidien, comme Léna prend des trains.

     Le film montre tout ce qui se joue là, sans didactisme, sans effets de caricature. Mais cette volonté de subtilité dans l’écriture des personnages donne parfois un sentiment de flou, de mollesse à la vision du film. Sur le même thème de l’air de famille, Arnaud Desplechin avait excellé dans Un conte de Noël (billet du 3 juin 2008) à mettre en scène ces monstres qui cohabitent dans une même maison. Dans le cinéma D’Honoré, point de monstres mais vous et moi, des êtres avec leurs petitesses et leurs grandeurs qu’on ne peut pas vraiment détester mais dont on ne s’éprend pas non plus.

    Et puis comme dans le cinéma de Desplechin, on retrouve chez Honoré des références à Truffaut : quelques longs travellings sur la campagne bretonne qui campe la beauté et le bonheur quand les personnages se déchirent, travellings appuyés par la BO  mélodramatiques d’Alex Baupain, un couple qui embrasse/j’embrasse pas, elle en marinière comme la Moreau de Jules et Jim et puis une femme qui marche dans la nuit à Paris ou qui pense sa vie dans les allées du père Lachaise (visions d’éternel provincial !) … C’est plaisant mais on cherche les éléments d’une veine ou d’une réappropriation plus personnelle.

   Comme Léna, c’est d'ailleurs peut-être une volonté du réalisateur, le film est éparpillé non dans sa construction (le diptyque province /Paris a tout sons sens) mais dans ce qu’il pourrait dire des relations humaines. On ne sait justement s’il en dit trop ou pas assez : le sujet de la relation mère-fille et sœur à sœur est à mon sens celui qu’il aurait fallu creuser davantage. La palette des émotions évoquée aurait mérité un traitement plus ample : les scènes entre Léna et sa sœur Frédérique – drôles et tendres - sont d’une belle justesse sur l’amour, la jalousie, l’indéfectible protection et complicité qui unissent des sœurs. Et ce fil est tiré jusqu’à la fin du film avec la figuration de l’héritage maternel représenté par le conte breton et ce souvenir raconté par la mère du jour où elle avait perdu ses filles parties  à la recherche d’un petit chat dans une forêt, alors qu’elle était accompagnée par un monsieur qui n’était pas leur père… Cette scène – cette belle scène – condense tout le film : l’enfance perdue de petites filles à cabans rouges, les histoires qu’on se raconte dans le ventre d’une grotte, la Bretagne des forêts de légende et puis la vie des adultes, l’hésitation d’une mère à en aimer un autre, l’amour paniqué, maladroit de ses enfants, Paris et l’avenue Reille sous la pluie froide de novembre.

Par Maude
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Jeudi 26 mars 2009


Il a tout quitté. Dans la douleur.
Son Université, sa famille, un avenir dit radieux : un bon job sans doute, une maison proprette dans une vaste banlieue résidentielle, une épouse et deux enfants, pour parfaire le tableau attendu de la réussite à l’américaine.

Il est parti, seul, pour être libre, pour choisir.
Il a traversé les étendues sauvages du continent américain, descendu des rapides mortellement dangereux, traversé illégalement la frontière du Mexique, erré dans des mégalopoles où se côtoient le luxe et la misère, partagé du temps avec un vieil homme, avec des hommes, des femmes d’une communauté perdue dans le désert, appris avec eux ce qu’on apprend des sages.

Puis il a rejoint les forêts du grand nord.

En quête de sens, il a  voulu habiter la Mère nature. Il s’est caché dans son ventre, pensant qu'elle le comblerait et  il lui a laissé sa peau.

Il s’appelait Christopher Mc Candless.
Il a vécu ce voyage au bout de la solitude sous le nom d’Alexander Supertramp.

 


Il a tout quitté. Dans la douleur. Ses racines, son passé. Une terre où il n’y avait pas de place pour le bonheur.

Il est parti, seul, pour être libre.
Passager clandestin, il a traversé des frontières hostiles, erré dans des contrées inhospitalières, enduré la faim, la peur et l’humiliation. Il a rencontré des passeurs sans scrupules, des douaniers au cœur dur, des compagnons d’infortunes isolés par leur quête absolue : fuir à n’importe quel prix, quitte à y perdre jusqu’à son humanité même.

Il a partagé du temps avec un homme que plus rien ne rattachait à la vie, qui n’avait plus grand-chose à perdre sinon son ultime dignité : être et agir pour un autre.  Puis il a tenté de rejoindre la terre non promise ; celle où l’attendait son aimée mais où personne ne voulait de lui.

Seul, il a voulu gagner l’autre rive. Dans le froid de l’hiver d’une plage calaisienne, il a affronté la mer et il lui a laissé sa peau.

Il s’appelait Bilal. Il était kurde. Il fuyait l’Irak. C’est un personnage de fiction.

Mais la réalité dépasse souvent la fiction.

 

De Welcome à Into the wild, on ne peut qu'être frappés par ces deux parcours qu'on qualfierait d'initiatiques s'ils ne se clôturaient par la mort.
Christopher et Bilal ont pour ainsi dire le même âge.

L’un veut fuir le monde occidental, ses paradis artificiels ; il rêve d’un retour à une vie plus authentique, plus proche de la nature.

L’autre rêve au contraire d’accéder à ce monde occidental fantasmatique mais aux frontières chaque jour plus closes et à l’équilibre de plus en plus menacé.

Le paradoxe est saisissant. Il révèle bien l’impasse dans laquelle l’être humain s’est engagé : une disparité grotesque des situations et un mal-être commun.

On parle à l’égard des films de Sean Penn et de Philippe Lioret de cinéma citoyen mais leur qualité principale est justement de ne pas faire dans le prosélytisme et l’édification ; simplement de filmer à hauteur d'homme et de ramener le spectateur, à cette hauteur,  à sa place d'homme.
A travers ces deux récits, les réalisateurs nous interrogent sur notre degré de civilisation, notre capacité à éradiquer la sauvagerie de l'individualisme forcené et du capitalisme non maîtrisé.

Ils ramènent à des idées qui, il y a peu encore, auraient fait sourire les moins cyniques : entraide, partage, respect.
Au point de non retour de son parcours initiatique, Christopher Mac Candless aura eu le temps de griffonner ces quelques mots à méditer :

« Happiness only real when shared. »

Par Maude
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires - Recommander
Lundi 24 novembre 2008

            Deux petites étoiles clignotent autour du Saint-Télérama de la semaine, patron des sorties ciné du mercredi. Fraîchement sorti de ma boîte à lettres en ce 19 novembre pluvieux, il m’invite à célébrer l’avènement d’un chef-d’œuvre : le nouveau film de James Gray intitulé Two Lovers.

            J’ai croisé plusieurs fois l’affiche du film les jours précédents et je me suis  juré de ne pas me déplacer pour ce qui ressemble à une énième comédie romantique américaine sur le thème des amours contrariés.

            Pourtant, par fidélité aux critiques talentueux de l’hebdo télé, je suis allée voir Two Lovers et je me demande aujourd’hui si Jacques Morice ne m'a pas donné un « bon pour » brûler son magazine dans ma prochaine flambée.

            Je n’ai en effet absolument pas compris l’intérêt que suscite ce film auprès des critiques ; pire, j’en ai cherché le sujet, le sens, le propos pendant toute la durée de la séance avant de devoir conclure, navrée, qu’il se résume à ce qu’il montre.

            Alors que raconte-t-il ?

            Comme dirait l’autre, c’est l’histoire d’un mec qui a été dévasté par un premier amour, qui souffre de troubles bipolaires, qui fait régulièrement des tentatives de suicide et qui de ce fait, vit un peu comme un ado attardé dans l’antre familiale - un petit appartement de juifs new-yorkais  doublé d’un pressing où toute la famille officie -.

            Ce personnage masculin, Léonard, interprété par Joaquin Phoenix, est censé justifier à lui seul la tension dramatique qui régit la réalisation de James Gray du fait de sa fragilité psychologique. Il est le pivot de la triangulaire amoureuse classique ; autour de lui gravitent deux étoiles. L’une, Sandra, brune madone voluptueuse campée par Vinessa Shaw est éprise de lui, prête à lui consacrer sa vie. Ce qui arrangerait les affaires familiales car les parents de Sandra et de Léonard pourraient envisager une fusion de leur pressing respectif. L’autre, Michelle, longue tige blonde vaguement tourmentée jouée par Gwyneth Paltrow est la voisine, l’objet du fantasme, celle qui rend dingue mais qui est prise ailleurs.

            Amour-raison ou amour-passion, tout le film se résume à ce dilemme éternel, cette question du choix rebattu depuis la nuit des temps. On peut penser au début du film que l’articulation dramatique va se situer autour du thème de la folie mais James Gray fait comme s’il avait peur du sujet ; il l’évite, il le contourne sans cesse. Leonard est maniaco-dépressif mais sa maladie est peinte à gros traits : un air un peu gauche, des cachets à prendre, un œil vaguement humide, une mère surprotectrice. « Je suis barge » dit Léonard ; mais c’est à peine visible dans le film ! Le scenario ne révèle aucune surprise et se contente de la lie de la folie ordinaire.

            Il y a par ailleurs un vrai problème de casting ; on ne peut pas croire un seul instant à la présence de ces deux bombes, brune et blonde, aux côtés d’un type aussi dépourvu de charme que ce Léonard.

            Je pourrais cependant encenser le film pour la qualité indéniable de sa photo mais j’ai été agacée par l’académisme revendiqué de la mise en scène, les références appuyées à Hitchcock (en particulier Fenêtre sur cour) et l’absence totale de nouveauté dans la manière de filmer New-York.

            Je ne sauverai que trois aspects du film ou plutôt j’isolerais cinq scènes du film à mon sens réussies.

            Le premier est une séquence de virée en boîte, absolument en place rythmiquement, comme pourrait l’être une chorégraphie. Sous couvert de festivités, les personnages apparaissent tragiquement enfermés dans leur problématique individuelle, ballotés par leurs émotions, dans l’incapacité de communiquer réellement. Et l’intérêt de la séquence naît justement du paradoxe entre la réalité intérieure des personnages et l’excitation, la représentation festive à laquelle ils donnent cours.

            Le second aspect est constitué par l’opposition des deux scènes d’amour du film. Léonard et Sandra, réunis dans l’atmosphère feutrée de la chambre du garçon figurent avec sensibilité l’union, la douce alliance des corps. Ils fixent d’emblée les termes du contrat : points de transports amoureux ici mais l’assurance de la tendresse, du réconfort, et du sexe hebdomadaire ! Tandis qu’ayant pris de la hauteur sur le toit de l’immeuble parental, Michelle se prête dans le froid de l’hiver à la passion de Léonard. Ici, si l’amour est empêché, il y a de la place – loin des parents toujours – pour la brûlure du désir.

            Pourtant, le meilleur du film est peut-être justement du côté des parents. Isabella Rossellini compose une formidable mère encombrante d’amour. Elle pourrait personnifier l’autorité castratrice, l’enfermement infantilisant mais deux magnifiques scènes à la fin du film montrent au contraire qu’elle est celle qui autorise la folie amoureuse, celle qui aime en dépit de tout. Un très beau portrait de mère, sans compromis avec ses faces ridicules et porté par une profonde grâce.

            Pour finir, et puisqu’il s’agit aussi de triangulaire amoureuse, je vous conseillerai plutôt l’œuvre prometteuse d’un jeune cinéaste d’origine New-Yorkaise qui a réussi à mettre en images ses fantasmes avec la légèreté qu’on ne peut avoir qu’à son  âge :

Vicky Cristina Barcelona est encore à l’affiche! Woody Allen y filme l’amour à trois dans un joli décor de brochure touristique. Un savoureux  mélange de sucre et de sel, de croquant et d’amer à déguster en bonne compagnie !

 

 

 

 

 

 

Par Maude
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Recommander
Jeudi 6 novembre 2008

         Ça s’est passé près de chez moi : le tournage d’une scène parisienne du nouveau film de Christophe Honoré !

         Enfin, cela devait se passer près de chez moi. A voir le déploiement logistique de Why not productions plus de deux semaines avant le jour dit, je m’attendais à des heures de tournage sous mes fenêtres. Je me voyais déjà, offrant une tasse de café à Chiara Mastroianni et ouvrant ma porte avec chaleur au séduisant Louis Garrel.


        
Mais que nenni ! J’ai à peine aperçu le dit Louis sortant du café du coin sous l’œil du maestro à l’heure où je m’en allais fêter les saints pères en ce samedi dernier. A mon retour, au petit matin, collants troués-pieds fatigués, l’équipe du film s’était volatilisée avec tout son arsenal technique. Après un repos bien mérité, j’ai donc rangé ma panoplie de midinette (robe blanche et ceinture dorée) et ressorti mes vieux habits de cinéphile…

Avec un parti-pris bien sûr : celui de défendre le film même si –en toute honnêteté – je n’en sais pas grand-chose.

Alors dans l’ordre :


1) Il est réalisé par l'un des rares surdoués de sa génération : Christophe Honoré –soit 6 films en six ans tous remarqués et remarquables ; une inspiration renouvelée à un rythme effréné : il termine le tournage de  Non, ma fille,  tu n’iras pas danser  alors que son dernier opus est encore à l’écran (La belle personne, adaptation contemporaine de La Princesse de Clèves).


2) L’essentiel de ce tournage s’est déroulé en Bretagne, dans la région natale de Christophe Honoré, du côté de Guingamp. La population locale a été mise à contribution, en particulier pour les passages dansés. Par ailleurs, quelques séquences –forcément essentielles – auraient été tournées dans le 14ème  arrondissement de Paris…


3) Le casting est très alléchant puisqu’on retrouve le très séduisant Louis Garrel (oui je sais, je me répète !) pour une cinquième contribution à l’œuvre d’Honoré, dans le rôle de l’alter-ego idéal. On compte également Chiara Mastroianni, déjà présente dans Les chansons d’amour (2007) et La belle personne (2008). Marina Foïs, Marie-Christine Barrault et Jean-Marc Barr viennent compléter - entre autres-  cette heureuse distribution.  

4) Après avoir fait chanter une bien jolie troupe dans Les Chansons d’amour, Alex Baupain (auteur-compositeur émérite) est-il mis à contribution pour faire danser les belles filles éplorées? Je ne le sais.

5) Le titre au charme désuet est un emprunt à la célèbre ritournelle « Sur le pont de Nantes » ; un texte à fredonner nonchalamment  en attendant la sortie du film.

 

Do] Su' l'pont de Nantes
Un bal y est donné
Su' l'pont de [Sol] Nantes
Un bal y est don [Do]

Adèl'demande
A sa mère d'y aller (bis)

« Non, non, ma fille,
Tu n'iras pas danser » (bis)

 

 

Par Maude
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Vendredi 10 octobre 2008

         J’avais raté à sa sortie le film réalisé par Daniele Luchetti : Mon frère est fils unique (Mio fratello è figlio unico) adapté du livre autobiographique d’Antonio Pennacchi : Il fasciocommunista (à paraître en traduction française prochainement).

         J’ai donc pris grand plaisir à le découvrir sur le petit écran et à apprécier une fois encore le renouvellement du cinéma italien. Mais surtout j’ai eu un énorme coup de cœur pour l’interprète du rôle principal : Elio Germano. Un formidable acteur dont on a – à mon avis – pas fini d’entendre parler.

Par Maude
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mardi 3 juin 2008

           
             Voilà une semaine que j’ai envie de poster un billet sur le dernier film d’Arnaud Desplechin « Un conte de Noël » et que je n’en fais rien. Par pure paresse. Parce qu’il y a trop à dire.

            D’abord que je l’aime. Autant que le précédent : « Rois et reine ».

            Le cinéaste nous livre cette fois un cadeau plombé du poison propre aux fêtes de famille. Il tisse une histoire de liens corrompus par une blessure originelle : la perte d’un enfant que nul n’aura pu sauver.

            Mais la cause importe peu. Desplechin met en scène les effets de ce mal premier sur le couple, la fratrie, une cosmogonie familiale tragique et drôle, émouvante et pathétique (véritable métaphore de l’art dramatique, habilement mis en abîme). Il met en branle un petit théâtre de marionnettes plus ou moins désarticulées, s’amusant de ces névroses mises à nu, exposées dans une crudité rare et ne redoutant aucun choc frontal entre les membres de cette tribu monstrueuse.


           
A la tête du « monstre », Catherine Deneuve campe une Junon (aux allures hitchcockiennes) parfaite de froideur et de détachement. Impeccable de beauté retouchée et  de cruauté hautaine, elle est une mère mal-aimante, occupée à son auto-vénération (le comble de l’autodérision pour cette icône, non ?) et secondée en cela par son petit mari, Abel (Jean-Paul Roussillon), prêt à tout sacrifier sur l’autel de sa déesse, y compris ses enfants. Car Junon est malade et comme pour l’enfant mort quarante ans auparavant, elle cherche un donneur de greffe compatible, parmi les membres de la famille. Noël inaugure alors le retour du fils banni (le génial Mathieu Amalric), bientôt seul à pouvoir (re)donner la vie à cette mère haïe. Cette redistribution des rôles, imposée par la maladie, bouleverse la construction familiale, fait resurgir les fantômes, déchaîne les démons, modifie les rapports de pouvoir. Nul n’est épargné dans « cette sarabande où chacun livre son ressentiment ». (La direction des acteurs est à ce titre magistrale.)

            Au-delà de l’histoire, j’aurais beaucoup à dire sur la singularité du style Desplechin mais tant de critiques s’y sont collés ces dernières semaines avec talent (lire Pierre Murat dans Télérama ou encore Jean-Luc Douin dans Le Monde cinéma) que ma modeste contribution serait bien ridicule. Je ne m’intéresserai donc qu’à un seul point du film. On dit souvent d’Arnaud Desplechin qu’il fait un « cinéma intellectuel ». Je ne partage qu’à moitié ce point de vue : le réalisateur pratique certes un cinéma bourré de références culturelles mais chacun de ses films est irrigué par une sorte de force primitive, une mise en image de l’instinct (de survie surtout) qui permet tous les niveaux de lecture.

            C’est pourtant à ce cinéma « intellectuel » que je vais m’intéresser. Jean-Luc Douin, dans Le Monde, souligne les références faites dans Un conte de Noël à Hitchcock (Vertigo), Bergman d’une part et à Joyce (Ulysse) et Shakespeare d’autre part. J’ai quant à moi été frappée par l’hommage que Desplechin rend  à François Truffaut dans ce film. Je sais qu’il n’y a rien d’original à cela ; on a souvent fait de lui l’héritier du maître de la Nouvelle Vague et lui-même ne cache pas sa passion pour l’œuvre truffaldienne (passion à laquelle il s’est plus largement consacré dans le film Esther Kahn).


           
Mais le hasard a voulu que je vois quelques jours avant le film, le documentaire réalisé par Serge July, intitulé Il était une fois… « Jules et Jim » ; documentaire dans lequel Desplechin décrypte pour nous une séquence du film de Truffaut. Je ne pouvais qu’être conquise : ce chef-d’œuvre découvert grâce au cinéma de minuit, à l’orée de mes quinze ans, a définitivement bousculé ma manière de regarder un film. Cette année de bien des révélations, « Jules et Jim » remportait ma palme, ex aequo avec « La Dolce Vita » de Fellini, visionné par les mêmes voies nocturnes du programme télé d’alors.


           
Tout cela pour dire que j’ai été touchée, emportée par le côté Truffaut fellinien qu’Arnaud Desplechin a su déployer dans ce conte de Noël. Il emprunte à Truffaut de charmants tics comme la récurrence littéraire de la voix off, les fermetures à l’iris, l’intrusion d’un noir et blanc nostalgique par le jeu des photographies. Mais il lui rend un hommage plus direct encore en tournant – au-delà de la cruauté de surface propre à tous les rapports humains – un véritable « film d’amour » dans lequel « Les femmes sont magiques. »

            De la mante-religieuse représentée par Junon à  la slave belle-fille (Emmanuelle Devos), en passant par Elizabeth, la fille mélancolique (magnifique Anne Consigny) ; elles ont le pouvoir, d’aimer et de rejeter, d’accueillir et de bannir. Pouvoir fragile, il est vrai, face au cynique Desplechin qui se plaît à déconstruire les liens du sang.

            La plus magique est – comme dans les films de Truffaut- celle qui s’abandonne à un nouvel (ancien) amour en la personne de Sylvia (Chiara Mastroianni). Car le film offre son « Jules et Jim » avec le couple à trois formé par Ivan (Melvil Poupaud), Simon (Laurent Capelluto) et Sylvia. C’est à travers cette dernière qu’Arnaud Desplechin nous montre un Truffaut qui porterait l’empreinte d’un Fellini en héritage. Je pense à une scène où l’on voit Chiara, nue dans une combinaison presque transparente, comme ces héroïnes felliniennes croisées par un Marcello romain. Dans cette scène, comme Truffaut l’avait fait d’une façon plus marquée encore avec des sortes d’arrêt sur image autour du visage de Jeanne Moreau, Desplechin honore les traits de l’actrice de plans cadrés par les mains amoureuses d’un amant.


Cet instant est splendide, unique, comme chaque naissance d’un amour. Il sauve un temps, deux êtres, des tristes compromis avec la vie (de famille).

 

Par Auteur(e)
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Recommander
Lundi 26 mai 2008
Je n'ai pas eu -comme d'autres plus chanceux que moi - le bonheur de découvrir en avant-première les films primés à Cannes. Je suis juste bêtement ravie de voir le film de Laurent Cantet récompensé pour son adaptation du roman de François Bégadeau : Entre les murs (un excellent titre pour des pages très justes sur le vécu d'un prof de français en collège).Ravie aussi de voir un cinéma italien -qu'on disait moribond- revenir au devant de la scène à travers ce palmarès 2008.

Ceci étant dit,à défaut de vraies nouveautés, je vais néanmoins me faire plaisir, revêtir mon plus beau fourreau et de la pointe de mes doigts fraîchement manucurés honorer mon clavier d'une remise de palmes.
Et si j'osais l'humour noir, je dirais que pour le film primé, il en faut des palmes, puisqu'il nous conduit sur des rivages thaïlandais ravagés par le tsunami.
 
Je remets en effet mon trophée de la semaine au film d'Aditya Assarat : Wonderful town.

Dans la petite ville de Takua Pa, au sud de la Thaïlande, Ton, un jeune architecte, a été chargé de surveiller les travaux de reconstruction d'une chaîne hôtelière, au bord de la plage récemment ravagée par le tsunami. Dès son arrivée de Bangkok, il choisit, dans l'arrière-pays, un hôtel modeste, tenu par Na, une jeune femme discrète, au charme délicat. Peu à peu, elle et lui vont tisser des liens de tendresse et vivre un amour empreint de pudeur et de retenue. Mais cela ne va pas être du goût de tout le monde, et du frère de Na en particulier, un voyou paresseux, père d'un jeune enfant dont la jeune femme s'occupe avec dévouement.

Le talent de la réalisation consiste à installer le spectateur face à une bluette dont l'intérêt est dilué dans une série de plans déjà vus, trop vus, à travers le cinéma asiatique (un couple à motocyclette se découpant sur le vert des rizières par exemple) pour ensuite projeter ce même spectateur -d'une manière infiniment subtile et inattendue - dans le chaos.

La force de ce chaos n'emprunte en aucun cas les chemins du cinéma à sensations américain. Elle réside au contraire dans un goût prononcé pour l'ellipse narrative, les plans fixes composés comme des œuvres picturales inédites, l'intrusion progressive d'une tension souterraine.
La qualité première de cette seconde partie du film est justement ce rapport entre l'économie de moyens et l'effet produit sur le spectateur pour composer un travail cinématographique sur la destruction (le personnage principal masculin est –assez ironiquement-  censé surveiller une entreprise de reconstruction .
Sans pathos, sans didactisme, le réalisateur opère la mise en image d'une délitescence. 
Dans un univers où paradoxalement, tout semble figé- les mœurs en particulier - mais aussi biensûr le paysage,le trouble est fugace et conduit irrémédiablement à la dissolution, à la disparition, à l'engloutissement. 


Le film glisse peu à peu du côté du conte fantastique et l'écho homérique murmure - en note finale - le danger encouru par ceux qui s'éprennent des charmes languissants des créatures de la mer.

Par Auteur(e)
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Dimanche 18 mai 2008
You must remenber this
A kiss is just a kiss...

Casablanca (1942)

 Chambre avec vue.


A nos amours!

Par Auteur(e)
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Vendredi 16 mai 2008

Elle était
Blanche et nue

Sur le lit défait,

Abandonnée dans l’ultime pose

Des courbes fantasmées

 

It’s just a pose, ‘cause my baby knows

That my heart belongs to daddy.

 

D’un haussement d’épaule

Elle jouait l’épiloque et le prologue

du sacrifice au sex-appeal mondialisé ;

ironisant enfin

d’un coup de tête platine

à faire vibrer tous les ukulélés.

 

Some Like It hot

Some like It Hot.

 

Blonde et laiteuse

Dealeuse de sugar cane

Et de désir susurré.

 

Pâle colombe,

grisée

De cachets sous décolleté.

 

Elle s'était crue vivante sous le blanc

De la jupe aux plis repassés.


Mystérieuse et transparente,
habillée de bulles
et de draps froissés.


Eternelle et vraie
dans la crudité
des derniers clichés.

Avec ce Champagne aux coins des yeux

Pour noyer la peine des inadaptées.

 

 

 

Par Auteur(e)
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Recommander

Présentation

  • : Femme (im)parfaite mode d'emploi
  • femme-im-parfaite-mode-d-emploi
  • : culture littérature Cinéma Ecriture Société Littérature
  • : Les trentenaires sont sous le prisme des médias ; on ne compte plus les comédies racontant les heurs et malheurs de ces vieux ados cherchant vainement leur inscription dans le monde. J'ai donc décidé d'apporter ma pierre à la construction de cet édifice vacillant : l'identité d'une trentenaire. Sans miroir déformant, j'y déposerai des reflets de mon MOI (im)parfait, j'y livrerai quelques conseils pour une vie dorée, j'y ferai entendre l'écho de mon petit monde, version sucrée ou salée.
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil
  • Contact

Images Aléatoires

  • Et--indienP0606.jpg
  • O--VERT-tu--P5139.jpg
  • Sur le sable
  • Forme-s-P4957.jpg
  • Forme-s-P4956.jpg
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés